Rechercher

Mobilisation lycéenne à Toulouse : les tensions persistent malgré le recul des blocages

©Antoine Even

Au lendemain d’une mobilisation qui a rassemblé 10 500 manifestants, les lycéens toulousains ont poursuivi leur mouvement ce mercredi. Mais les blocages se font plus rares et les tensions avec les forces de l’ordre restent au cœur des préoccupations. Devant le lycée des Arènes, des affrontements ont notamment éclaté dans la matinée, tandis qu’une tentative de sit-in a été organisée place du Capitole.

La mobilisation lycéenne se poursuit à Toulouse, mais les formes de contestation évoluent. Après les 10 500 manifestants recensés la veille, les élèves sont de nouveau descendus dans la rue ce mercredi. Si les blocages d’établissements sont moins nombreux, plusieurs incidents ont été signalés au cours de la matinée. Des lycéens dénoncent notamment une intervention des forces de l’ordre qu’ils jugent de plus en plus agressive.

Des tensions dès le matin devant le lycée des Arènes

Vers 8 h 30, la situation s’est tendue devant le lycée des Arènes. Des élèves avaient placé des poubelles devant l’établissement pour bloquer son accès. Selon Luciano Paul, élève de première, l’intervention des forces de l’ordre a rapidement dégénéré.

« On est venus mettre les poubelles devant le lycée et la proviseur a appelé la police. On est restés pacifiques tout du long et ils ont voulu rentrer dans le lycée, ils ont enlevé les poubelles et ont commencé à nous charger et nous matraquer parce qu’on tenait les poubelles pour pas qu’ils passent », raconte-t-il.

Le mouvement de foule qui a suivi a entraîné d’importantes perturbations sur la ligne de tramway. Un élève a également été interpellé dans la matinée.

Des blocages moins nombreux, mais une tension toujours présente

Au lycée Ozenne, la situation était plus calme. Pour autant, certains élèves estiment que les conditions de mobilisation se sont durcies. Noam Connil, élève de terminale, explique avoir tenté de participer au blocage avant d’être confronté à de nouvelles restrictions.

©Antoine Even

« On a essayé de ramener des poubelles, mais on nous a expliqué que c’était plus légal apparemment », témoigne-t-il.

À Saint-Sernin et à Déodat-de-Séverac, aucun mouvement de blocage n’a été lancé et les cours ont pu se dérouler normalement. Ces situations contrastent avec les incidents survenus devant les Arènes, où les tensions ont perturbé la circulation et l’accès à l’établissement.

Place du Capitole, une tentative de sit-in pour changer d’image

Dans l’après-midi, une centaine de lycéens a tenté d’organiser un sit-in place du Capitole. Mais le rassemblement s’est retrouvé bloqué par une trentaine de camions de CRS déployés autour de la place.

Cette action s’inscrit dans un contexte marqué, depuis le début du mouvement, par des images d’affrontements, des dégradations et des manifestations sous tension. En choisissant de s’asseoir pacifiquement, les lycéens cherchent à mettre en avant une autre forme de contestation et à se démarquer des scènes les plus violentes relayées ces derniers jours.

©Antoine Even

Cette stratégie intervient alors que les relations entre les manifestants et les forces de l’ordre sont de plus en plus contestées par certains élèves. Les témoignages recueillis devant les établissements font état d’un sentiment de répression accrue, même si les circonstances des interventions doivent être distinguées des récits des manifestants.

Les vacances de la Toussaint en ligne de mire

Le mouvement devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine, avec une grande manifestation annoncée samedi. Mais le calendrier scolaire pourrait peser sur la suite de la mobilisation : les vacances de la Toussaint débutent vendredi soir.

Après plusieurs jours de blocages et de rassemblements, les lycéens devront donc maintenir leur mobilisation malgré des actions moins nombreuses et un climat tendu autour des établissements.

Reste à savoir si la manifestation de samedi permettra de prolonger la dynamique ou si les vacances scolaires marqueront une pause dans le mouvement. À Toulouse, l’évolution de la mobilisation dépendra autant de la capacité des lycéens à poursuivre leurs actions que de la manière dont les prochains rassemblements se dérouleront.

Marie-Léa Andrieux