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Les vacances scolaires vont-elles essouffler la mobilisation lycéenne ?

©Antoine Even

Après trois semaines consécutives de blocages et de tensions dans les établissements, les lycéens toulousains étaient de nouveau appelés à manifester ce mardi 13 octobre. À quelques jours des vacances scolaires, le mouvement se poursuit, mais la mobilisation peut-elle tenir dans la durée ?

Depuis le 29 septembre, les blocages et les rassemblements se succèdent à Toulouse. Lundi 12 octobre, de nouvelles tensions ont éclaté devant les lycées Toulouse-Lautrec et Joseph-Gallieni. Des feux de poubelles et des affrontements ont notamment été signalés. Selon les services de l’État, 17 personnes ont été interpellées en marge des blocages de la veille.

Au cœur de la contestation, les lycéens dénoncent le manque de moyens dans l’Éducation nationale, les classes surchargées et les difficultés de remplacement des enseignants. En réponse, le gouvernement a annoncé le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les lycées les plus touchés. Une mesure jugée insuffisante par les organisations mobilisées.

Un parcours restreint pour la manifestation de mardi

©Antoine Even

Ce mardi, le cortège devait partir à 14 heures du lycée des Arènes et rejoindre le monument de la Résistance, en passant notamment par le lycée Déodat-de-Séverac et le quartier Saint-Michel. La préfecture de la Haute-Garonne a finalement limité le parcours au boulevard des Récollets, avec une dispersion prévue avenue de l’URSS.

Les autorités ont également interdit les rassemblements revendicatifs non déclarés dans plusieurs secteurs de Toulouse entre 10 heures et 20 heures, dans un contexte de vigilance renforcée après les incidents des derniers jours.

La mobilisation perturbe aussi le fonctionnement des établissements. Ce mardi, l’accueil des élèves est totalement suspendu aux lycées Guynemer et des Arènes. Huit autres lycées de Haute-Garonne appliquent des restrictions partielles, avec une continuité pédagogique à distance pour les élèves concernés.

Les vacances, prochain test pour le mouvement

©Antoine Even

Après plusieurs semaines de contestation, l’approche des vacances scolaires pourrait constituer un tournant. Les blocages se poursuivent, mais les prochains jours permettront de mesurer la capacité des organisations lycéennes à maintenir la mobilisation avant la coupure. Aujourd’hui, ils étaient quand même plus de 10 000 à être mobilisés dans les rues. « On est dans une semaine qui est super importante pour notre mouvement en vue des vacances scolaires. On voit quand même qu’il y a une très forte mobilisation qui est un peu revenue cette semaine je dirais« , Martin, élève à l’école hôtelière.

« Il y a de bonnes chances que ça s’essouffle, c’est souvent le cas comme on l’a déjà vu sur d’autres mouvements, avec les vacances qui arrivent… Il y aura sûrement une pause qui peut être synonyme d’arrêt total des manifestations. J’espère que le gouvernement va céder, je ne veux pas que mes élèves soient à l’extérieur en train de prendre des risques en blocus. On veut être dans les salles de classe« , Dimi professeur de mathématiques.

D’autres rendez-vous sont prévus cette semaine. Mercredi 14 octobre, cinq organisations syndicales appellent à se mobiliser autour de la revalorisation des pensions complémentaires Agirc-Arrco, avec un rassemblement annoncé à midi au Stadium, suivi d’un départ en direction des Récollets et du Medef à 14 heures. Un nouvel appel à la grève intersyndicale est également prévu jeudi, tandis qu’une mobilisation nationale est annoncée samedi.

Reste à savoir si ces rendez-vous permettront de relancer la contestation ou si les vacances marqueront une pause dans le mouvement. À Toulouse, après trois semaines de mobilisation, les prochains jours seront décisifs pour mesurer son éventuel essoufflement.

Julie AKACHA