Cet après-midi, un homme de 29 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des faits de harcèlement et de menaces de mort envers son ex-compagne, qui est aussi la mère de son enfant. Un comportement pour lequel il avait déjà été condamné en 2016.

Il existe des dossiers que même les juges n’aiment pas voir défiler dans les salles d’audiences. Cet après-midi, le président du tribunal correctionnel de Toulouse Didier Suc s’est attelé à l’un deux : une affaire de harcèlement suite à une rupture difficile.

Près de 6 000 contacts téléphoniques

L’homme de 29 ans est accusé de menaces de mort répétées envers son ex-compagne, mais aussi de harcèlement. En un an, les enquêteurs ont relevé près de 6 000 contacts téléphoniques sur le téléphone de la jeune femme. Mais en plus de ces contacts, l’homme se rendait régulièrement à proximité de son domicile. Le président du tribunal renchérit : « la géolocalisation vous a identifié 467 fois a proximité du domicile de votre ex-compagne.« 

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Des éléments particulièrement impressionnants, dont le prévenu se défend en partie : « je voulais prendre des nouvelles de ma fille. Et je travaillais à moins de 500 mètres du domicile de mon ex, mais c’était pour le travail. » Le prévenu poursuit : « j’ai besoin de me faire aider, quand je me mets en colère, je deviens quelqu’un d’autre. » Mais cette réponse ne fait qu’énerver un peu plus le président du tribunal : « ça fait deux ans que vous faites vivre un enfer à votre ex-compagne et il faut attendre de comparaitre devant la justice pour admettre que vous avez besoin d’aide ? » Et lorsque le prévenu demande au président de ne pas aller en prison car il en a peur, le président lui rétorque sèchement : « c’est fait pour ça la prison Monsieur.« 

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Une victime qui ne demande pas de peine de prison

Présente à l’audience, l’ex-compagne du prévenu explique qu’elle ne veut pas que le père de sa fille aille en prison. Elle veut simplement se sentir protégée.

Un son de cloche qui est tout autre du côté d’Audrey Traffi, procureur de la République : « près de 6 000 contacts téléphoniques en un an, j’ai fait le calcul, cela fait en moyenne 16 appels ou sms par jour ! Ce n’était évidemment pas pour prendre des nouvelles de sa fille ! » Selon elle, ces bonnes résolutions ne sont pas à prendre au sérieux : « il a déjà été condamné pour menaces de mort sur sa compagne en 2016, mais le manège n’a jamais cessé depuis ! » Elle demande une peine de prison de 18 mois dont 9 pourront être assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve.

« Des faits particulièrement graves entièrement reconnus »

Pour la défense, à aucun moment, le prévenu n’a essayé de nier les faits qui lui étaient reprochés. Son avocate explique : « il ne cherche pas à diminuer sa responsabilité. Il vous a donné des explications, notamment par rapport à sa présence à proximité du domicile de madame. » Elle poursuit sa plaidoirie en s’appuyant sur les déclarations de la victime : « elle ne réclame de peine de prison. Il faut aussi voir une autre réalité que celle des appels et sms. Son ex-compagne a vu une once de bonté en lui, vous devez donc essayer de la voir aussi.« 

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Finalement, les mots de la défense vont faire mouche auprès des juges. L’homme de 29 ans est condamné à 3 mois de prison ferme. Son ancien sursis étant révoqué, il devra effectuer trois mois supplémentaires.

Il écope également de 12 mois de prison avec sursis mise à l’épreuve. Le prévenu a désormais interdiction d’entrer en contact avec son ex-compagne, et de paraitre à son domicile. Enfin, l’homme devra se faire suivre pour ses problèmes de violences.