Mercredi et jeudi, une série de plaintes a été déposée de la part de femmes qui s’estiment victimes de leurs implants mammaire. Au-delà de la question de la qualité des produits incriminés, les plaignantes estiment que la justice doit s’intéresser au rôle des « organismes certificateurs » qui autorisent la commercialisation de produits jugés dangereux.

C’était en 1997 : la première femme concernée avait 38 ans quand on lui a diagnostiqué un cancer rare touchant les ganglions lymphatiques. « À ce jour, elles sont 673 atteintes dans le monde, dont 59 en France », selon Corinne Haioun, professeure d’hématologie et responsable du registre des cas de lymphome en France.

Aujourd’hui, une quinzaine de femmes porteuses de prothèses mammaires ont choisi de saisir la justice pour demander des comptes aux autorités et aux fabricants. Mercredi 6 et jeudi 7 février, les pôles de santé publique des tribunaux de Paris et de Marseille sont donc pour « blessures involontaires », « tromperie », ou encore « mise en danger de la vie d’autrui ».

Des mesures de protections insuffisantes

Une première série de plaintes a été déposée contre X mercredi à Paris pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Les deux plaignantes reprochent au laboratoire Allergan et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et des produits de santé de ne pas avoir pris des mesures suffisantes pour les protéger au mieux.

Une autre série de plaintes va être déposée dans la journée à Marseille. Onze femmes âgées de 25 et 45 ans ont été atteintes pour la plupart d’un lymphome après l’implantation de leurs prothèses mammaires. Une autre plaignante âgée de 42 ans, souffre du même cancer. Cette dernière est handicapée à 80 % à cause de sa prothèse se soit rompue, laissant le liquide de l’implant se répandre dans ses tissus.

Un juge d’instruction pour le procès

Les avocats souhaitent désormais la désignation d’un juge d’instruction. Il leur faudra démontrer qu’il existe un réel lien entre les lymphomes et les implants. 

Aussi, à noter que ces actions interviennent au moment où l’ANSM organise deux journées d’auditions consacrées à l’utilisation des implants mammaires en chirurgie esthétique et reconstructrice. Un sujet important qui concerne environ 500 000 femmes en France, porteuses de prothèses.