À 50 jours du scrutin, le maire sortant Vincent Terrail-Novès défend douze ans de gestion tandis que l’opposition, menée par Jean-François Robic, dénonce un manque de participation citoyenne et des promesses en suspens.
Après deux mandats consécutifs, quel bilan pour Vincent Terrail-Novès ? Le candidat à sa réélection ne le cache pas : tout n’a pas pu être réalisé. « On n’a pas pu tout faire », reconnaît-il, pointant du doigt un contexte financier national « très difficile ». Les chiffres qu’il avance sont parlants : il y a douze ans, Balma percevait 1,5 million d’euros de dotations de l’État. « Aujourd’hui, c’est zéro », déplore le maire.
Résultat : certains projets attendus par les habitants n’ont pas vu le jour. Le maire cite en exemple la création de jeux d’eau extérieurs à la piscine, « quelque chose qui répond à une attente de la population » mais qui a dû être reporté au profit d’autres investissements jugés prioritaires. Cette promesse différée sera évoquée lors du prochain conseil municipal la semaine prochaine, signe que le sujet reste sensible à moins de deux mois du scrutin.
Des mandats marqués par des contraintes budgétaires
« On a fait d’autres choses », justifie Vincent Terrail-Novès pour expliquer ces arbitrages. Mais la question reste : quelles priorités ont été favorisées au détriment d’autres ? Et ces choix correspondent-ils aux attentes des Balmanais ? Le maire assume une ligne de conduite : « On ne va pas révolutionner les choses », préférant miser sur la continuité autour de trois axes : cadre de vie, inclusion, préparation de l’avenir. Une stratégie prudente qui, selon lui, s’adapte « aux enjeux du moment », différents de ceux d’il y a douze ans.
Pour son potentiel troisième mandat, il promet « encore des équipements à produire pour le bien-être de la population et pour préparer l’avenir », sans toutefois détailler lesquels à ce stade.
Sur le terrain, le constat est plutôt favorable au maire sortant. Lors de nos rencontres avec les habitants, la majorité se dit satisfaite du bilan et favorable à une continuité. Pour autant, cette satisfaction ne signifie pas absence d’attentes. Les Balmanais interrogés expriment également des souhaits concrets pour le prochain mandat.
Discret sur les détails de son programme qu’il préfère « réserver aux gens qui ont travaillé sur les ateliers avant d’en faire part publiquement », Vincent Terrail-Novès cultive la prudence. Une réserve que ne partage pas Jean-François Robic, qui porte un regard beaucoup plus critique sur ces douze années de gestion.
La participation citoyenne au coeur des critiques
Les comités de quartier sont, selon lui, « étriqués, limités dans le temps et dans le périmètre ». Le budget participatif ? « Très très limité. » Le candidat de la liste « Balma avec vous » prend l’exemple de la piste cyclable récente. « On a eu droit à deux ateliers rassemblant quelques personnes, puis ça s’est vite réglé entre les services de la ville et les élus, critique-t-il. Les citoyens ont droit à avoir la parole entre les deux élections, pas simplement pour choisir le nom d’une salle. »
Sa promesse : créer de « réels conseils de quartier dotés d’un budget et ouverts à tous », pour permettre aux habitants « d’orienter la ville tout au long du mandat municipal, pas uniquement tous les six ans ».
Contacté, Jean-François Robic n’a pas encore précisé les promesses qu’il juge non tenues. Si le maire sortant mise sur la satisfaction générale des habitants et ses contraintes budgétaires avérées, l’opposition devra apporter des éléments concrets pour faire basculer l’électorat. Le débat ne fait que commencer.

