L’énième manifestation des soignants toulousains

Les manifestants derrière la camionnette blanche d'où s'échappe la musique et les encouragements des initiateurs ©Eléonore Ester
Les manifestants derrière la camionnette blanche d'où s'échappe la musique et les encouragements des initiateurs ©Eléonore Ester

Ce mardi 11 janvier, à l’appel de la CGT, le personnel soignant a manifesté, une nouvelle fois. Ils demandent toujours l’amélioration de leurs conditions de travail, de leurs moyens financiers et du recrutement.

« Pourquoi les jeunes ne veulent plus travailler dans le médical ? », crie l’une des manifestantes sur une camionnette blanche, habillée de pancartes militantes et d’enceintes sonores. C’est Pauline Salingue, la figure, et surtout la voix de la CGT. « Eh bien, parce qu’ils ne veulent pas travailler dans des conditions de merde, et gagner de la merde », explose-t-elle en insistant sur le mot «merde». Il reviendra d’ailleurs plus tard sur la scène ambulante : « Le président veut emmerder les non-vaccinés. Ils nous emmerdent aussi », et dans les conversations de la foule : « Cette manifestation, elle emmerde le fonctionnement ». Autant résumer la situation avec les propos d’un contestataire : « C’est la merde dans le médical ».

Cette colère, c’est l’atmosphère qui animait les travailleurs du social et de la santé, ce mardi 11 janvier, au rond-point de la place Saint-Cyprien de Toulouse, dès 14h, et même avant, lors de la manifestation pour une grève illimitée à l’Hôpital des enfants, au CHU de Toulouse, une heure plus tôt. La CGT a appelé tout le secteur médical à manifester. Selon la confédération, 5.000 personnes ont participé à la marche. La rue du Pont-Neuf, puis de celle de Metz, ont été envahies jusqu’au monument aux morts, situé près de la Préfecture, interdite aux manifestants. Des cadres, des psychologues, des médecins de préventions, des aides-soignant(e)s  du médico-social, des sages-femmes se sont retrouvés, pancartes à la main et blouse blanche sur le dos.

Toujours moins

« Il y a de moins en moins de personnel mais toujours autant de malades », explique Valérie, une infirmière libérale. Cette quarantenaire confie avoir vu des collègues démissionner ou se mettre en arrêt maladie et ne jamais revenir. Son amie et collègue ajoute : « Le personnel n’est pas remplacé lors des congés maternité ou d’arrêt maladie. Personne ne peut gérer tant de travail, surtout avec les enfants malades du Covid et les malades saisonniers ». Les deux femmes se trouvaient à Purpan, devant l’Hôpital des enfants, avant d’arriver à Saint-Cyprien. Sur 80 embauches fixées, 72 ont été réalisées pour renforcer les effectifs hivernaux, d’après Edouard Douhéret, directeur des ressources humaines du CHU. Les plaintes ne s’arrêtent pas là. « Le manque de personnel engendre la suppression de lit » continue Valérie, sous-entendant, que moins de malades accéderont aux soins.

Pression budgétaire

Dans les mobilisés, se trouvent les oubliés du Ségur (NDLR : revalorisation du travail hospitalier versé à certains membres de profession médicale). Ces soignants du secteur médical libéral ou médico-social sont équivalents aux soignants hospitaliers. Ils n’ont pourtant pas tous le droit à la prime de 183 euros net par mois pour les mêmes fonctions. « Ça dépend du diplôme, de l’établissement et de l’ancienneté aussi », détaille Mireille, une accompagnante pour handicapés psycho-moteurs. La prime lui passe sous le nez à cause de son diplôme.

Pour d’autres, il n’est pas question de Ségur de la santé. Le salaire minimal du secteur médical doit généralement augmenter. L’accroissement des prix de ce début d’année soulève des inquiétudes. « Ça fait 30 ans que la grille de salaires est la même. Pour tout ce qu’on fait, il faut que ça change. En deux ans déjà, rien n’a bougé. Les prix augmentent toujours plus », accordent deux manifestantes en brandissant une affiche. La pancarte spécifie : « La santé bien emmerdée ».

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