Dix-sept ans après la remontée en Ligue 1, le Toulouse Football Club est dernier du classement. Après le limogeage d’Antoine Kombouaré, le 5 janvier dernier, le Toulouse Football Club a choisi de faire confiance à Denis Zanko. L’occasion de faire un classement du « pire » au « meilleur » entraîneur du TFC depuis la remontée.

Il y a urgence au Toulouse Football Club. Lanterne rouge de Ligue 1 après 19 journée, le TFC s’est fait honteusement éliminer en Coupe de France par les amateurs de Saint-Pryvé Saint-Hilaire (N2). Un revers 1-0, qui sera fatal à l’entraîneur Antoine Kombouaré. Au cours d’une conférence de presse, lundi 6 janvier 2020, le président des Violets, Olivier Sadran a officiellement nommé Denis Zanko jusqu’à la fin de la saison. La tâche s’annonce difficile pour celui qui officiait sur le banc de l’équipe réserve.

Ces dernières années, le TFC flirte dangereusement avec la relégation. Sur les cinq dernières saisons achevées, le club s’est battu 4 fois contre la relégation. Cette année 2019-2020 ne fait malheureusement pas exception. L’occasion pour nous de revenir sur le bilan des 7 coachs depuis la remontée du club en Ligue 1, lors de la saison 2003-2004.

Plusieurs données ont été prises en compte dans la réalisation de ce classement du « pire » au « meilleur » entraîneur. Le bilan comptable en championnat, mais aussi les montants engagés sur le marché des transferts ou encore les valeurs de l’effectif toulousain ont permis de comparer les coachs.

Ils ont déçu…

1er : Antoine Kombouaré au fond du gouffre

Il est élu pire coach depuis la remontée par la rédaction du 24 heures. Antoine Kombouaré arrive en cours de saison au TFC, le 14 octobre 2019, pour prendre la suite d’Alain Casanova. Il s’engage pour deux ans. L’ancien coach de Dijon est finalement limogé le 5 janvier 2020 suite à la défaite en Coupe de France contre Saint-Pryvé-Saint-Hilaire (1-0).

Une victoire pour ses débuts contre Lille (3-2) et un record de neuf défaites d’affilé en Ligue 1 plus tard, le natif de Nouméa refaisait déjà ses valises. Un passage court mais catastrophique. Dommage puisque sur le papier, l’effectif toulousain est séduisant. À sa décharge, on pourra dire que cette équipe a été construite par son prédécesseur. Antoine Kombouaré n’a pas eu le temps de mener un mercato au TFC. Mais qu’il est loin le temps où Kombouaré gagnait la coupe de la ligue avec le Paris Saint Germain…

2e : Dominique Arribagé, l’entraîneur sans diplôme

Membre de la cellule de recrutement, Dominique Arribagé devient coach intérimaire du TFC, le 16 mars 2015. Son passage aura été marqué par un fait majeur pour le club. Le natif de Suresnes contraignait le TFC à payer une amende à chaque rencontre. Ne possédant pas le diplôme minimum pour diriger une équipe professionnelle (le BEPF), le club était condamné à verser 10 000 euros d’amende par match.

Il démissionne le 27 février 2017 suite à de mauvais résultats et surtout une défaite face à Rennes alors que les Violets menaient 1-0 jusqu’à la 90e minute. À cette époque, les Toulousains pointent à la 19e place à dix points du premier non-relégable avec 14 défaites au bout de la 28e journée.

Aujourd’hui, il fait toujours partie de la cellule de recrutement toulousaine. Cette dernière qui est d’ailleurs à l’origine de recrutements calamiteux. Le défenseur uruguayen Agustin Rogel ou l’ancien marseillais William Vainqueur pour ne citer qu’eux cette saison.

3e : Mickaël Debève, le costume trop grand

Adjoint en début de saison, coach à la fin. Mickaël Debève fait l’intérim de Pascal Dupraz, le 22 janvier 2018. Il quittera le club dès la fin de saison. En 16 match, il n’aura gagné que 4 fois pour 5 nuls et 7 défaites. Un passage éclair donc qui aura tout de même permis au TFC de se sauver de la relégation en battant l’AC Ajaccio en barrage de relégation aller-retour après une triste 18e en championnat. Pour son faible nombre de matches, la rédaction du 24 heures est indulgente.

4e : Casanova, retour manqué

Trois ans après son départ, Alain Casanova reprend le TFC de Mickaël Debève. Le club s’est sauvé de justesse la saison passée en barrage. Pour ne rien arranger, le TFC vend son jeune capitaine, Issa Diop, 25 millions d’euros à West Ham United (Angleterre). Un départ qui n’est d’ailleurs pas encore digéré aujourd’hui, tant le club souffre défensivement.

Casa quittera le club le 10 octobre 2019 dans le même état qu’à son arrivée. Le TFC est 18e et barragiste avec 9 points gagnés en 9 match. Le natif de Clermont-Ferrand explique son départ suite aux nombreuses critiques, voire même, menaces de mort à son égard. Le club allait très mal. La venue d’Antoine Kombouaré n’améliorera pas la situation.

Ils ont fait des miracles…

5e : Erick Mombaerts, le pionnier

Entraîneur du TFC à partir de la saison 2001-2002, Erick Mombaerts a ramené les pensionnaires du Stadium dans l’élite du foot français. À son arrivée, le club est en National. Pour ses débuts, il s’offre une belle 4e place en troisième division. Le club monte en Ligue 2, où il s’adjuge le titre de champion de la saison 2002-2003. Un succès qui permet au TFC de goûter à une nouvelle promotion. Toulouse rejoint la Ligue 1 en 2003-2004.

À cette occasion, Olivier Sadran, propriétaire du club depuis 2001, n’hésite pas à mettre la main au portefeuille. Erick Mombaerts termine à la 16e place, 13e en 2004-2005 et à nouveau au 16e rang en 2005-2006. Depuis, 17 années se sont écoulés, mais les Violets sont toujours en première division. Du moins, pour l’instant.

6e : Pascal Dupraz, le pompier

C’est l’histoire d’une mission commando réussie. Pascal Dupraz arrive au TFC le 1er mars 2016. Dès son arrivée, il réinvente une identité de jeu au club. Les résultats sont là. Il permet d’éviter la relégation grâce à un dernier match devenu légendaire fin 2016 face à Angers (3-2). Le Savoyard prolonge son aventure du côté du Stadium.

Malgré tout, il quitte le club le 22 janvier 2018 à la suite d’une série de résultats décevants, d’une dix-neuvième place en championnat et de problèmes de santé récurrents. Mickaël Debève prendra la suite, avec les performances que l’on connaît.

7e : Casanova, sept ans de règne

Auparavant adjoint d’Erick Mombaerts et d’Elie Baup, le Clermontois Alain Casanova prend la suite. Il est officiellement nommé le 30 mai 2008. Pour sa première saison en tant que numéro 1, l’ancien gardien du TFC termine au pied du podium en championnat, bien aidé par un André-Pierre Gignac en feu (24 buts). En Coupe de France, le club haut-garonnais échoue en demi-finale face au futur vainqueur : l’En Avant Guingamp.

La suite est un peu moins rose pour Alain Casanova. Le TFC est englué dans le milieu du classement : 14e en 2010, 10e en 2013, 9e en 2014 et 8e en 2011 et 2012. Son aventure s’arrêtera prématurément en mars 2015, Toulouse pointant à la 17e position. Malgré des prestations loin d’être emballantes, son remplaçant, Dominique Arribagé, parviendra, tout de même, à maintenir l’équipe.

Au cours de son premier passage sur le banc toulousain, Alain Casanova a bénéficié de la qualité du centre de formation toulousain. Les internationaux français Wissam Ben Yedder, Etienne Capoue et Moussa Sissoko se sont révélés sous ses ordres. C’est d’ailleurs sous son mandat que le club vend le plus et le mieux. Problème : le TFC n’achète pas aussi bien.

8e : Elie Baup, l’ivresse du podium

C’est un nom qui va redonner le sourire aux supporters toulousains. Avant d’arriver au TFC, Elie Baup a vécu un long règne chez le rival bordelais, de 1997 à 2003. Il y a notamment remporté la Ligue 1 en 1999 et la Coupe de la Ligue en 2002. Ensuite, il rejoint Saint-Etienne jusqu’en 2006. C’est d’ailleurs cet été qu’il revient sur les bords de Garonne, au TFC, club qu’il a déjà fréquenté dans les années 80-90. Pour sa première saison, Elie Baup termine à la 3e place et réussit l’exploit de qualifier les Violets pour les tours préliminaires de la Ligue des Champions.

Sa deuxième saison est plus compliquée, le TFC ne se qualifie pas pour les phases de poules de la C1. Toulouse est reversé en Europa Ligue et n’arrive pas à sortir des poules. En championnat, les hommes d’Elie Baup terminent à une triste 17e place. Une gueule de bois après l’ivresse du podium.

Dire que le Toulouse Football Club est en pleine descente aux enfers n’est pas exagéré. À force de tirer sur la corde raide, le TFC finira un jour ou l’autre par descendre à l’étage inférieur. On souhaite en tout cas beaucoup de courage à Denis Zanko et surtout d’avoir plus de succès que ses récents prédécesseurs. La quatrième ville française mérite un club de football à sa hauteur.

Romain Luspot & Thibaut Calatayud