C’est le nouveau scandale qui secoue l’industrie agro-alimentaire depuis mercredi 30 janvier. Pas moins de 795 kilos de viande avariée auraient été écoulés en France. Ce week-end, le ministère de l’Agriculture a annoncé que toute la viande avait été identifiée. Mais à l’heure du procès de la viande de cheval, ce nouveau scandale ne surprend que très peu la communauté de défense des animaux.

De la viande exportée de Pologne sans contrôle vétérinaire, voilà comment il serait possible de résumer ce nouveau scandale alimentaire. Tout est parti d’une alerte de la Commission européenne mercredi, estimant que près de 2,7 tonnes de viande avariée avaient été exportées de Pologne vers différents pays, dont la France.

Mais pour les acteurs de la défense de la cause animale, ce nouveau scandale n’en est pas vraiment un.

« Une industrie complètement opaque »

Jointe par téléphone, Brigitte Gothière, porte-parole de l’association L214 Éthique et Animaux, n’est qu’à moitié étonnée d’entendre parler de ce nouveau scandale. « Cette nouvelle affaire nous montre encore une fois que cette industrie est complètement opaque« , explique-t-elle.

Selon la porte-parole, l’éclatement de ce genre de scandale risque de continuer tant que des contrôles plus développés ne seront pas mis en place et notamment des contrôles vidéos dans les abattoirs. « On voit bien que dans cette industrie, nous sommes obligés d’obtenir des preuves de manières illégales« , poursuit Brigitte Gothière.

Dans le même temps, elle déplore une absence de volonté politique de modifier la règlementation actuelle, et la présence très importante des lobbies.

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Végétariens et véganes peu étonnés par cette nouvelle affaire

De toutes les personnes végétariennes et véganes que nous avons interrogées, aucune n’a vraiment été surprise par cette nouvelle affaire. Mais même si eux, ne sont pas étonnés par ce nouveau scandale, tous espèrent qu’il permettra à certains d’ouvrir les yeux sur la condition animale.

Coline, étudiante en troisième année de médecine explique : « pour moi ce scandale me conforte dans l’idée de ne pas manger de viande. Il y a ça, et puis il y a eu les lasagnes de cheval… ces affaire se multiplient et je pense que d’un côté, c’est une bonne chose que cela devienne public. Cela va permettre aux gens d’ouvrir les yeux sur les maltraitances animales liées à la consommation de viande. » 

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De son côté, Carina, étudiante en deuxième année de master archive de l’image, se dit horrifiée par la souffrance subie par les animaux de l’abattoir polonais : « je ne veux même pas imaginer ce que les animaux ont vécu dans cet abattoir et ce scandale, même s’il ne me surprend pas, m’horrifie sur la condition animale en Pologne.« 

Vous l’aurez compris, ce nouveau scandale alimentaire ne surprend que très peu les défenseurs de la cause animale. Et tous espèrent désormais un changement dans la règlementation sur l’abattage des animaux.