Ils sont toujours dans l’attente. Les nombreux locataires de l’immeuble incendié la semaine dernière au 73 rue Bayard n’ont pas eu de solution de relogement. La plupart sont encore accueillis dans le gymnase Léo Lagrange, d’autres relogés à la hâte chez des proches. Ce vendredi, ils ont tenu à faire entendre leur détresse devant la Préfecture, qui reste muette à leurs requêtes.

Ils étaient plusieurs dizaines dès 10h30 sur la place Saint-Étienne, à l’appel du DAL 31 (Droit au logement pour tous). Sinistrés, membres d’associations, proches venus en soutien, tous dénoncent le manque de réactivité des autorités. Quasiment aucun nouveau toit n’a été proposé aux victimes du terrible incendie qui a frappé un immeuble de la rue Bayard, la semaine dernière. Sur place, François Piquemal, porte-parole du DAL, donne de la voix :

« Nous dénonçons aujourd’hui le fait qu’aucune table ronde n’est prévue entre la Préfecture, les bailleurs sociaux, les propriétaires et les victimes de l’incendie. Nous exigeons un calendrier clair, et que cette partie de tennis, où tout le monde se renvoie la balle, prenne fin. Ce n’est pas normal que les victimes d’une catastrophe doivent solliciter une institution d’État pour avoir un logement ! ».

François Piquemal, porte parole du DAL 31

Des sinistrés à bout de nerfs

La plupart ont tout perdu, et vivent très sommairement dans le complexe Léo Lagrange, où une épidémie de gastro a frappé les résidents ces derniers jours :

« C’est très précaire, je n’ai pas envie d’y retourner, je suis déjà assez au bout du rouleau comme ça. La mairie nous a promis un logement pour tous, une aide financière et matérielle, mais pour l’instant on a rien, trop de gens sont encore en galère. Heureusement en ce moment je suis chez des amis, mais c’est loin d’être le cas de tout le monde ».

Jérémy, habitant du 4ème étage et dernier évacué lors des opérations de secours.

Plusieurs victimes ont aussi choisi de rester au gymnase par solidarité avec ceux qui n’ont pas trouvé de solution de repli :

« J’aurai pu être relogé chez des proches, mais je reste au gymnase pour les autres. C’est un endroit où il y a beaucoup de tristesse. Alors on se serre les coudes, on essaye de rigoler un peu, c’est important de tous rester soudés face à ça. J’espère qu’on sera reçus par la Préfecture, c’est pour ça qu’on est là aujourd’hui ».

Hafid, résident de l’immeuble incendié.

Alain, habitant de la Rue Bayard, à deux pas du numéro 73, émet quant à lui des doutes sur les installations de l’immeuble. Escalier en bois vieillissant, réseau électrique d’un autre âge, murs en mauvais état… Pour lui, comme d’autres présents sur place, la responsabilité de l’État est clairement engagée dans ce dossier. Selon eux, les autorités ont laissé l’immeuble se dégrader.

Réunis devant le grand portail préfectoral, tous attendaient qu’une délégation soit entendue officiellement. « Peu probable » selon François Piquemal, « puisque tous sont aujourd’hui dans le Lot auprès d’Emmanuel Macron. On sera au mieux reçus par quelqu’un qui n’a aucun pouvoir à la Préfecture ». En attendant, les résidents de 79 logements patientent toujours pour être entendus. La Sogem, syndic de l’immeuble, commence à contacter les victimes aux compte-gouttes.