Aux alentours de six heures ce matin, plus de 70 habitants de l’immeuble incendié de Matabiau ont rejoint le complexe sportif Léo Lagrange où leur était fourni des couvertures de survie, et de quoi reprendre des forces. Sur place, les groupes se forment et les discussions se ressemblent : l’immeuble était-il insalubre ? Malgré le démenti de la préfecture, les doutes persistent.

Tous éparpillés dans le complexe, les sinistrés de l’immeuble rue Bayard se remettent de leurs émotions. Certains rattrapent leur nuit, enfouis sous leurs couvertures de survies. D’autres passent encore des coups de fil, inquiets et réfléchissant déjà à la suite des évènements. Pourtant, les prochaines heures sont encore floues. Sur les 70 personnes présentes, toutes devront être relogées. C’est le cas de Salim, accompagné de sa femme et de ses deux enfants, présents au complexe depuis six heures ce matin. : « On entendait «au feu, au feu !» et tout le monde courait dans les couloirs, c’était la panique ! »

Salim, locataire dans l’immeuble incendié. Cdt / Alicia Girardeau

Logés au deuxième étage de l’immeuble, Salim et sa famille ont rapidement été prévenus du départ de flamme. « Les gens toquaient aux portes pour prévenir de l’incendie, on s’est tous rendus dehors. On a prit tout ce qu’on a pu mais on y a laissé nos papiers, nos vêtements. On a perdu quasi tout. »  Une fois dehors, toutes les personnes évacuées se sont rendues à l’hôtel Ibis, situé à quelques mètres de l’immeuble incendié. « On a attendu ici avant d’être transférés au complexe Léo Lagrange. Des bus étaient prévus jusqu’à là-bas. »

Des doutes quant à l’état de l’immeuble

C’est donc au quatrième étage de l’immeuble situé rue Bayard que l’incendie a démarré. Très vite les flammes ont envahi les étages du dessous, rendant l’incendie « très compliqué à maîtriser,selon des déclarations du lieutenant-colonel Sylvain Gergaud à l’AFP. Le feu s’est propagé très vite dans la cage d’escalier avec une grande violence ». Pour Salim, tout aurait pu être évité. Selon les locataires, les conditions d’hébergement étaient hors-normes : « On vivait dans des conditions déplorables ».

Salim, locataire de l’immeuble incendié
Cdt / Alicia Girardeau

Des déclarations qui se ressemblent. Dans la rue Bayard, les riverains essaient de comprendre, mais la plupart d’entre-eux ont eu écho de la prétendue insalubrité de l’immeuble. « Nous on en a entendu des belles. Des punaises de lit, des cafards, apparemment c’était pas très propre là-dedans. C’est étrange pourtant, la façade a l’air relativement neuve » soulèvent-ils.

En plus d’une propreté discutable, les locataires parlent d’une mauvaise fréquentation de l’immeuble où les policiers effectuaient des rondes régulières. « C’est impossible que personne ne soit au courant de l’insalubrité de l’immeuble au vu des nombreuses descentes des policiers dans le quartier. »

Insalubrité démentie par la Préfecture

Même si les accusations pleuvent, d’autres locataires sont sceptiques quant au lien de cause à effet entre l’état de l’immeuble et le départ de flamme. Michel*, lui, croit plus en une imprudence.

Michel, locataire

La Préfecture, elle, a souhaité rétablir l’ordre. Celle-ci explique dans un communiqué que l’immeuble « n’était pas concerné par une procédure d’insalubrité ou de péril ». Toutefois, Sébastien Vergé, colonel du SDIS 31, a annoncé que la mairie prendrait un « arrêt de mise en péril imminent ».

Pour rappel, le bilan de l’incendie fait état de 20 blessés, dont 19 blessés légers et 1 blessé grave. 2 sapeurs pompiers ont également été blessés légèrement lors de l’opération.

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*par souci d’anonymat, les prénoms ont été modifiés