Logement : un défi pour les demandeurs d’asile

« Les familles ne veulent pas repartir car leurs pays sont dangereux : danger de mort, d’emprisonnement. »

Se loger en tant que demandeur d’asile peut vite devenir un vrai casse-tête. Mais de nombreuses associations viennent au secours des migrants. Une aubaine pour ces familles, mineurs, réfugiés, qui n’ont que très peu de connaissances sur le sujet en France.

Dès leur arrivée en France, l’Etat est obligé d’héberger et de nourrir les demandeurs d’asile. Logés par l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) dans un premier temps, ils sont ensuite dirigés vers les CADA (Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile).

Un manque de places

Certains centres d’accueil manquent de places. Alors, les demandeurs d’asile peuvent contacter le 115 pour dormir dans un lieu de la Croix rouge, appelé « Hôtel social ». Chaque jour, les migrants peuvent réserver leur place pour la nuit. Mais celles-ci ne sont pas illimitées.

Maryse Martinez, présidente du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), a confié :

« au 115, quand il n’y a plus de place, certains dorment assis sur une chaise. Et lorsqu’il n’y a plus de place, ils vont dehors ».

Des logements pour les MNA (Mineurs non-accompagnés) sont également prévus. La plupart du temps, les jeunes sont livrés à eux-mêmes, dans des hôtels. Ces hébergements accueillent aussi des familles sous OQTF (Obligation de quitter le territoire français) et qui ont une assignation à résidence.

Un hébergement temporaire

Des familles françaises hébergent également des migrants. Mais le coronavirus complique les choses. Les familles de migrants ne peuvent pas rester plus de 15 jours à un mois chez une même famille d’accueil.

« Étant assignés à résidence, ils [les migrants] peuvent être expulsés du jour au lendemain, indique Maryse Martinez. Covid ou pas, ces gens se font quand même expulser. »

Et le MRAP, dans cette situation, ne peut rien faire : « c’est la loi », souffle la présidente.

Des logements restreints

Dans les hôtels, les familles ont des chambres exiguës. « Ils ne peuvent pas se faire de repas équilibrés ni faire la cuisine, seuls les petits-déjeuners leur sont fournis le matin », indique Maryse.

« Dans ces hôtels, ils deviennent malades, les enfants ont mal au ventre : c’est une catastrophe. »

Des squats sont également ouverts par les CADA pour héberger des familles sans logement. Ces squats sont des établissements désaffectés de l’Etat : anciennes bases militaires, hôpitaux etc. « En 2015 l’État s’est trouvé débordé et certaines familles étaient à la rue », complète Anne-Marie Delcamp, membre de l’association RESF (Réseau éducation sans frontières).

« On a ouvert des squats pour héberger ces familles et une fois qu’ils sont déboutés ils n’ont plus le droit à rien. Ils sont laissés pour compte. Heureusement qu’il y a les associations. On fait le travail que l’État devrait faire », s’insurge-t-elle.

Des aides bienvenues

Les demandeurs d’asile touchent 400 euros par mois jusqu’à ce qu’ils soient déboutés ou régularisés par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Lorsqu’ils sont logés, ils bénéficient d’aides à hauteur de 215 euros.

Par ailleurs, dans les Pyrénées Orientales, en temps de crise sanitaire, l’Etat est aussi un aidant. Il s’occupe des migrants tant qu’ils sont demandeurs d’asile, afin qu’aucune famille ne se retrouve à la rue. Les préfectures peuvent également payer les hôtels dans lesquels les migrants sont logés.

En revanche, contrairement à certaines idées reçues, les demandeurs d’asile ne bénéficient d’aucune aide de la CAF (Caisse d’allocations familiales) tant qu’ils ne sont pas régularisés. L’ADA (Aide aux demandeurs d’asile) est la seule aide dont ils bénéficient.