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    Une décision délicate, un accompagnement décisif

Au coeur du débat

Le recours à la procréation médicalement assistée (AMP) se fait pour les femmes qui ne peuvent avoir d’enfant de façon qualifiée comme « naturelle ». Aujourd’hui en France, les couples hétérosexuels y ont accès, mais pas les femmes seules et les couples lesbiens. « J’aurais préféré faire ça en France, plutôt que d’aller à l’étranger me cacher comme une sauvage. […] Aujourd’hui, seuls les couples qui ont de l’argent ou sont prêts à se ruiner pour avoir un enfant, peuvent pratiquer cette PMA » témoignait Marie Labory au Cosmopolitain, ayant eu des jumeaux issus d’une PMA en 2015.

En France, dans les débats concernant la loi bioéthique, plusieurs arguments favorables à la méthode sont exposés. Par exemple, elle permettrait de mettre fin à la discrimination contre toutes celles qui n’entrent pas dans le cadre « hétéro-normalisé ». Elle mettrait également fin à une injustice économique de taille, les soins étant remboursés en France, et à un prix élevé à l’étranger. De plus, entamer ce parcours du combattant, en constatant les difficultés, parait pour certaines femmes comme une preuve de réelle volonté de procréer. L’enfant est donc voulu, et aimé. Cet accès garantit également une sécurité sanitaire, présent lors de PMA qualifié « d’artisanale » ; réalisée sous aucun contrôle médical, ou par achat sur internet. La démarche assurera également une égalité juridique, passant de l’adoption longue et coûteuse à la « reconnaissance de parentalité », plus simple et plus rapide.

« Il y a dix ans on manquait d’informations [sur la PMA], aujourd’hui, le problème c’est de faire le tri »

Olivia Knittel

Journaliste et auteure du livre "PMA : Pour Mon Amour", dans une interview accordée à 20 minutes.

"Homosexuel ou hétérosexuel, c'est la même prise en charge"

Camille, 21 ans, étudiante sage-femme

Un accompagnement à tout instant

Coup de fil à Marie-Christine Nozain, co-fondatrice de l'association Mam'ensolo

Nombreuses sont les associations accompagnant ces femmes, de la prise de décision à l’accouchement. Elles apportent un réel soutien dans la démarche. C’est le cas de Mam’ensolo. D’autres militent pour les droits et sont vectrices de débat.

Une prise en charge risquée pour les gynécologues

Certains gynécologues français acceptent de suivre les grossesses des femmes qui ont eu recours à la PMA à l’étranger. C’est souvent par militantisme que ces médecins s’occupent des patientes. Ils prennent alors des risques, encourant jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende, ainsi que le fait d’être radié de l’ordre des médecins. Certains médecins vont même jusqu’à prescrire une partie ou la totalité des traitements et des examens médicaux en amont de la PMA à l’étranger. Ces décisions aident financièrement les patientes, et leur permettent d’effectuer une partie du parcours à l’étranger. Illégalement, et plus rarement, certains pratiquent l’insémination avec du sperme acheté dans une banque au Danemark par exemple.

Vous avez eu le temps de mûrir votre réflexion sur le sujet. L’heure est maintenant à la prise de décision. Faut-il tenter la PMA ? Il se peut qu’à ce stade vous soyiez sûr(e) de votre choix, mais certaines personnes peuvent encore essayer de vous en dissuader.