Page récit fin Refus de l’emploi après appel

Refus de l’emploi illégal dans l’attente de la décision d’appel

Accepter l’emploi illégal de votre ami vous semble trop risqué et pourrait vous porter préjudice dans votre demande demande de naturalisation. Vous préférez vivre clandestinement dans la légalité. Mais cette situation est périlleuse, et, comme vous l’avait indiqué votre ami, le moindre contrôle peut être fatal à votre situation. 

Vous passez trente jours dans cette situation en attendant la décision d’appel qui tarde à venir. Vos maigres économies ont vite fondu, si bien que vous avez dû contracter quelques emprunts pour survivre. Et puis, comme si ç’avait été inévitable, on vous soumet à un contrôle d’identité, un mercredi après-midi, en plein milieu de la place Wilson. Vous n’avez pas de papiers ni aucn justificatif à présenter aux deux policiers.

 

 

On vous embarque directement pour vous placer au Centre de rétention administratif de Cornebarrieu. Le CRA, c’est une cage où on entasse par dizaines des immigrés en attente d’être renvoyés dans leur pays d’origine. C’est une étape tampon, un endroit où on vous parque le temps de préparer votre départ tout en s’assurant que vous ne vous y substituerez pas.

Comme vous n’avez commis aucun délit, le CRA n’est pas une prison, et elle n’est donc pas surveillée par des gardes pénitentiaires mais par des policiers. Il y a cent-quarante personnes, ici, de toutes les nationalités, de toutes les religions et de toutes les cultures. Il y a même un Togolais, comme vous. Vous passez quarante-huit heures au milieu des râles, des pleurs, des cris et des supplications. 

L’OQTF est tombée, vous êtes ramené au Togo

Au bout de quarante-huit heures, aux premières lueurs du matin, deux policiers viennent vous chercher pour vous accompagner à l’aéroport de Blagnac. Vous prenez un avion pour Paris, pour prendre encore un vol en direction du Togo. L’avion qu’on vous fait prendre, vous auriez pu le construire, si on vous en avait donné votre chance. Au lieu de cela, vous y entrez, flanqué de deux agents, en direction de l’aéroport international de Lomé-Gnassingbe Eyadema.