Sport et bébés: les médecins arbitrent

Quelle vision tienne les médecins sur la pratique précoce du sport chez les plus petits ? Santé, sécurité, prévoyance ? Voici toutes les réponses à vos questions !

« La sédentarité c’est dangereux »

Dans le monde, la France est le troisième pays le plus touché par la sédentarité. Avec en moyenne, 7 h 24 de temps passé assis par jour. Et chez les jeunes, ce chiffre ne semble pas surprenant aux vues des activités qui s’offrent aux enfants. L’installation de cette sédentarité empêche les jeunes de pratiquer une activité physique. Au contraire, ils restent assis sur les chaises, canapé et autres lits. Malgré le fait que ce chiffre reste vrai pour une majorité des bébés du sport. Il reste tout de même une minorité qui ont un rythme d’entraînement ou de pratique de sport, considérable. Parfois les 35h sont atteints voire plus, des problèmes de santé peuvent souvent arriver à cause de ce trop-plein d’entraînement. Mais dans le cas de la sédentarité, les problèmes de santé restent également possibles.  

Docteur Pierre Sébastien, médecin du FENIX et ancien médecin de l'équipe de France de Handball

On a eu le cas avec des gymnastes, qui commencent très jeunes et ont une croissance incomplète. Cependant, certaines études disent que ça n’aurait finalement pas d’impact sur la taille. Mais le vrai risque, c’est de créer des soudures prématurées du cartilage de croissance. Ce cartilage, c’est en fait des cellules précurseures osseuses. Lorsqu’elles sont stimulées par l’activité, elles se solidifient pour créer de l’os. Les charges lourdes peuvent développer des pathologies osseuses, de surmenage : fractures facilitées, problèmes d’insertion des tendons qui viennent tirer sur les os ayant encore du potentiel de croissance. L’enfant peut alors développer des douleurs chroniques. Il vaut mieux faire des exercices au poids du corps. En termes de musculation, il est donc tout à fait possible d’effectuer des séries de pompes, d’abdos, de tractions ou de gainage dès le plus jeune âge. Mais pas d’haltères ! Porter des charges lourdes risque de diminuer le potentiel de croissance d’un enfant.

Une activité physique raisonnée développe la croissance. Un enfant très sportif grandira aussi bien voire mieux qu’un enfant qui ne fait pas d’activité physique. Ça stimule la croissance. Mais ça doit rester ludique. Il leur faut des activités qui stimulent le dynamisme, impliquant des sauts, des réflexes. À un jeune âge, le but est surtout de développer l’appareil locomoteur, cardiovasculaire, la conscience neuromusculaire qui comprend la coordination des mouvements, la gestion de l’espace, etc. Le sport est aussi important pour leur socialisation. Les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé stipulent qu’un enfant doit faire en moyenne 300 minutes d’activité intense, soit deux fois plus qu’un adulte. De 5 à 17 ans, il faudrait faire au moins 50 minutes d’activité physique par jour. Attention toutefois, l’activité physique n’est pas nécessairement du sport. Un enfant a de l’énergie à revendre durant tout son quotidien. Ça comprend les moments où il court, ce qu’il fait en récréation. Au bout d’un moment, le potentiel de croissance est moins important, donc on prend moins de risques. On estime que les charges peuvent être augmentées à l’adolescence, vers 15 ans pour les filles et 16 ans pour les garçons. Il faut laisser passer le pic de croissance, qui a lieu un peu plus prématurément chez les filles, entre 12 et 14 ans, et entre 13 et 15 ans chez les garçons.

Docteur Joffrey Drigny, médecin du sport au CHU de Caen

Un jeune roumain à la musculature monstre

 

Le jeune Giuliano Stroe, roumain de naissance, n’est pas un jeune enfant comme les autres. Les jeunes de son âge aiment le football, regarder la télévision, mais lui, à seulement 9 ans, passe son temps libre à faire de la musculation. Sans lâcher, il a développé des biceps et des abdominaux anormaux pour son si jeune âge. Giulano a posté une vidéo sur internet pour montrer ses muscles à ses amis et les impressionner après s’être entraîné tout l’été sans s’arrêter. Mais les images, de ce jeune roumain, ont finalement embrasé internet et cette vidéo a été fortement relayée. Ce jeune inhabituellement « costaud », s’est vu encourager par une popularité croissante dès l’apparition de cette vidéo. Le roumain a désormais créé une chaîne Youtube afin de montrer ses entraînements quotidiens qu’il fait. Et de ce fait, son petit frère a marché dans ses traces et à 7 ans, il a lui aussi commencé la musculation. Les “encouragements” de sa famille deviennent un réel problème. Après que son père a posté des vidéos de l’un de ses entrainements, les services sociaux roumains ouvrent une enquête et décident finalement d’enlever la garde de Giuliano et son frère à son père. Mais le père réussit à obtenir à nouveau la garde après une consultation chez une psychiatre, le docteur Naie Niculina, qui estime que les enfants ne souffrent d’aucun problème mental en raison des entraînements physiques extrêmes. Plus tard, la psychiatre explique, qu’elle ne voulait pas du tout se ranger du côté de la famille, puisqu’elle a trouvé l’attitude du père et son programme “absurde” pour les enfants et a largement exprimé son désaccord à ce sujet.Le cas de Richard Sandrak, petit garçon entraîné par son père comme un bodybuilder aux États-Unis, a longtemps suscité la polémique. Surnommé « Little Hercules » dans son enfance pour avoir joué le rôle principal dans le film du même nom en 2009, il est aujourd’hui âgé de 26 ans et est devenu cascadeur.

Les pays comme l’Italie, la Russie et les États-Unis, mais également de nombreux autres, font souvent parler de part ces jeunes enfants développés très tôt dans leur enfance. Les images parlent d’elles-mêmes la plupart du temps et les histoires racontées font parfois froid dans le dos. Mais dans aucun pays, une loi ou quelque chose n’interdit la pratique de la musculation ou d’autres sports dès le plus jeune âge. La seule chose qui va à l’encontre de ces bébés du sport sont les médecins ou le corps médical qui existe derrière.

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