Sensibiliser, un enjeu primordial

Pour palier l’extinction des espèces, la sensibilisation est au coeur des enjeux. Associations et institutions alertent chaque jour la population sur l’importance de la protection.

Jean Pierre Courceulles

Membre de la LPO / Organisateur de journées de sensibilisations

Le premier problème que rencontrent les défenseurs de la nature est le manque d’intérêt de la population pour ces problématiques. Selon un article publié par Le Point en 2019, plus de 16 millions de français ne s’intéressent pas à l’écologie, ce qui réduit considérablement les possibilités d’actions. En effet, la protection et la conservation des espèces ne peut se faire sans la collaboration de tout le monde. La première étape est donc de sensibiliser la population afin qu’elle se sente concernée par l’importance de la biodiversité.

L’État et la sensibilisation à la biodiversité

Le travail de sensibilisation est souvent fait par les associations grâce à diverses opérations. Il peut s’agir d’activités collectives, de présentations ou d’actions médiatisées. Cependant, l’État permet lui aussi d’alerter la population française sur les problématiques écologiques actuelles. On peut par exemple citer des notions telles que l’écoconduite, abordée en auto-école. Ces dernières permettent aux futurs automobilistes d’adopter une conduite responsable. Lors de la refonte des programmes éducatifs pour la rentrée 2019, le Ministre de l’Education nationale, Jean Michel Blanquer, a mis l’accent sur l’implication des jeunes concernant les enjeux du dérèglement climatique et de la biodiversité. Ainsi, les élèves de seconde ont à présent une thématique « Enjeux contemporains de la planète » en Science de la Vie et de la Terre. Des mesures jugées insuffisantes par certains détracteurs, qui dénonçaient en décembre 2018 le manque de connaissances scientifiques enseignées.

« Les nouveaux programmes du lycée pour les cinq prochaines années ne laissent pas assez de place pour la transmission des bases scientifiques essentielles à la compréhension des problèmes majeurs que sont le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, leurs causes, et les solutions permettant d’agir pour les enrayer. »

Les association, éducatrices de la population et des élus

Pour les associations, les tâches sont plus complexes. Les actions menées se font sur la base du volontariat. Les personnes participantes portent donc déjà un certain intérêt pour l’environnement. La Ligue de Protection des Oiseaux organise différentes actions pour attirer l’attention du public. Le groupe de la LPO de Carmaux organise ainsi depuis trois ans un atelier nichoirs et mangeoires. Petits et grands sont invités à construire leur propre abri pour leurs amis à plume. Jean Pierre Courceulles, membre de la LPO depuis plus de quarante ans, est à l’initiative de la journée.

Entre location de salle, inscription des participants, et découpe des morceaux de bois, il aura fallu aux membres trois mois de préparations pour que les Carmausins puissent assembler leurs nichoirs. L’association profite de cet atelier pour sensibiliser les participants sur l’importance des oiseaux, et sur les bons gestes à avoir pour cohabiter avec eux. Il est par exemple recommandé d’alimenter la mangeoire du début de l’hiver jusqu’au printemps et de ne rien donner le reste de l’année, afin de ne pas perturber le cycle naturel des animaux.

Des sorties dans la nature sont également organisées, afin d’observer les oiseaux dans leur milieu naturel. Les habitants sont ici sensibilisés sur les oiseaux vivant dans la région et sur l’importance de les préserver. Dans cette région semi-urbaine, les habitants doivent vivre au milieu d’animaux sauvages qui n’étaient pas habitués aux activités humaines jusqu’alors. Le groupe de Carmaux s’est aussi illustré il y a deux ans en installant un nichoir pour faucon pèlerin dans le clocher de la ville. Ce rapace avait connu un très fort déclin en France suite à l’utilisation massive des pesticides. Cette action n’aurait pu être menée sans la sensibilisation de la population, et par conséquent, celle des élus. En effet, élus locaux ou nationaux jouent une part importante dans la sauvegarde de la biodiversité. Sans l’accord de la mairie, le nichoir n’aurait jamais pu voir le jour.

Les autres acteurs de la sensibilisation

Cependant, les associations ne sont pas les seuls acteurs de la sensibilisation. Les professeurs des écoles forment les générations futures qui agiront pour l’environnement. Les médias diffusent eux aussi de plus en plus les actualités liées à l’écologie. Tout comme les parcs zoologiques et les jardins botaniques. D’une part, ces derniers protègent et conservent les espèces menacées. D’autre part, ils alertent le public sur l’importance de sauvegarder les végétaux et les animaux qui nous entourent. L’African Safari de Plaisance du Touch propose ainsi des activités de sensibilisation au sein de son parc. Une vaste campagne est en cours depuis 2017 sur les oiseaux chanteurs des forêts indonésiennes. Cette opération a pour objectif d’alerter le public, ainsi que de lever des fonds pour préserver l’espèce. Le parc est en partenariat avec diverses associations comme Helpsimus, qui lutte pour la protection des lémuriens à Madagascar, ou encore ACB, une association balmanaise qui lutte pour la protection des tortues.

La défense, une priorité

Élément essentiel pour la préservation des espèces, la protection passe par un recensement et une surveillance de la faune et de la flore.

Page d'accueil

Les professionnels assurent l'avenir

Lorsque sensibilisation et protection ne suffisent plus, un plan de conservation s’impose. Elle permet une action globale et ciblée dans le cadre de la préservation de ces espèces.