La CIMADE, association d’accompagnement

La CIMADE, association d’accompagnement 

Lorsque un étranger se trouve en situation irrégulière, il est régulièrement renvoyé vers la CIMADE, une association pouvant les aider dans leur orientation administrative. Au coeur de leurs locaux toulousain, on découvre un travail d’accompagnement long et délicat.

 “L’humanité passe par l’autre” tel est la devise du comité inter-mouvements auprès des évacués, association datant de 1901, forte de 2000 volontaires à travers toute la France. Son objectif est le suivant : aider migrants, réfugiés et demandeurs d’asile à comprendre leurs droits et à construire au mieux leurs dossier de demande. 

“Une lanterne administrative”

Lorsque Paul, bénévole à la Cimade de Toulouse commence son action il y a 4 ans, il ne pensait pas faire face à autant de parcours différents. “Ici nous sommes comme des lanternes administratives” déclare-t-il, “nous faisons face à des centaines d’histoires et notre rôle est d’aiguiller”. Chaque lundi et chaque jeudi, c’est jusqu’à vingt appels d’aide que réalise l’homme. Sur un petit bout de papier, sont notés des numéros que lui confie la secrétaire de l’association. Au bout du fil, des profils des toutes les horizons (Brésil, Tunisie, Tchad, Mali, Inde…). Lors de ces appels, chacun cherche à comprendre l’autre, pour éclaircir la situation. 

“Lors de chaque appel, j’espère aider, mais souvent je ne peux que donner de l’espoir”

À la CIMADE, les OQTF ne sont pas les seuls motifs d’appels. Demande de visa, de régulation ou simple questions juridiques affluent également au standard. “Lors de chaque appel, j’espère aider, mais souvent je ne peux que donner de l’espoir. Nous n’avons pas de solution, nous ne pouvons que donner des outils personnalisés”. En effet, pour trois quart des appels, le bénévole conclue la conversation en conseillant “une demande exceptionnelle, à la discrétion de la préfecture”, ce qui signifie une demande de régularisation auprès de la préfecture aux motivés exceptionnels d’attache sur le territoire (famille, travail, durée, diplômes..). Plus le dossier est complet, plus la demande a ses chances d’aboutir. Néanmoins, impossible de connaitre le nombre de réussite, la préfecture ne dévoile aucun chiffre sur ses acceptations ou refus. D’après les témoignages de l’association, cela concernait moins de trois cas sur dix.

Un accompagnement juridique 

Un possibilité de la CIMADE est aussi d’accompagner juridiquement certains cas. “On fait de l’analyse, on travaille de paire avec les avocats et on essaye d’effectuer le meilleur travail de synthèse possible. La facilité est de faciliter la défense de chaque dossier” confie Elodie Aguilar, directrice du centre de Toulouse. 

“Une fois, un homme m’a dit qu’il avait peur de respecter la loi”

“Parfois, il est difficile de conseiller sans contourner la loi, précise Bernard, également bénévole. Il y a des cas où il vaut mieux ne pas se présenter à des convocations policière, c’est assez dingue”. “Une fois, un homme m’a dit qu’il avait peur de respecter la loi. C’est dire à quel point les règles peuvent être floues et effrayantes pour les étrangers” relance Paul. L’association se trouve donc parfois entre deux feux, mais souligne son attachement à rester dans le droit. “Nous souhaitons sensibiliser et écouter. Même si nous ne sommes pas d’accord avec les lois actuelles envers les étrangers, il est important de dire que nous ne sommes pas en dictature. Notre simple existence le prouve”. Conclue la directrice du centre Sud-Ouest.