La chasse : une tradition française

La chasse : Une tradition française

Une journée à la chasse

C’est à Labastide-Rouairoux, que Pierre a rendez-vous avec ses amis chasseurs. Cet homme de 25 ans qui chasse depuis son plus jeune âge va comme toutes les semaines passer son dimanche à traquer et essayer de tuer du gibier.

Partir à 6 heures du matin. Prendre la voiture et s’enfoncer dans la montagne après un arrêt au point de ralliement, un cabanon aménagé dont ils sont propriétaires. Voilà le planning du week end de ces chasseurs. A peine les chiens lâchés, les chasseurs partent faire « le pied ». Primordial pour la battue, le pied consiste à repérer les traces de sanglier dans la montagne. Les chiens fouillent, cherchent, soulèvent les feuilles et font courir leurs maîtres plus que de raison dans la montagne humide, entre les arbres et les ruisseaux. 2 heures de marche, de course même, parfois, qui signent les prémices d’une longue journée où patience et prudence sont de mise. Séparés pour faire le pied, les chasseurs se retrouvent ensuite pour faire le point cette fois. « Deux traces sur la montagne avec mes vieux » annonce Pierre Bessel. Un nom de code, qui exprime un endroit précis. Car pour les chasseurs, tout est codifié. Ils connaissent la montagne par cœur et le moindre recoin a son petit nom, leur permettant de se repérer. 

Un café, et c’est parti. Les chasseurs s’équipent de leurs tenues orange et prennent les pick-up direction « la montagne avec mes vieux » avec leurs chiens. La chasse va pouvoir commencer. Un ami de Pierre se lance dans la remise pour guider ses chiens. La remise, c’est là où sont supposés être les sangliers ou les chevreuils repérés durant le pied. Plus haut, Pierre, le fusil chargé est bien installé au pied d’un arbre au dessus de la remise, il se prépare. Les chiens sont lâchés, la course poursuite commence. Après de longues minutes de recherche, un chevreuil est levé et s’enfuit en direction de Pierre. La première cartouche s’envole. S’en suit une deuxième. En vain. Le chevreuil s’enfuit et les chasseurs décident d’aller se poster ailleurs…

Cette fois, c’est Pierre qui est dans la remise. Accompagné de ses fidèles chiennes, il tente d’attirer le gibier jusqu’à ces collègues, plus bas cette fois, postés près de la route.

Si faire le pied paraît physique, lever le gibier dans la remise l’est bien plus. En transe, les chiennes de Pierre s’emballent et les cloches avec lesquelles elles sont équipées ne cessent de sonner. Pierre les suit de près et tente d’attirer les sangliers. Mais une nouvelle fois, les manœuvres de Pierre ne sont pas fructueuses. Après une heure dans la remise, il décide de mettre fin à la traque. Après avoir récupéré ses chiennes, Pierre et les autres chasseurs redescendent au point de ralliement. Le moment de se ressourcer est arrivé.

D’après les chasseurs, la chasse est avant tout un moment de partage entre amis. Du jeune boucher de 25 ans au retraité de bientôt 75 ans, tous ces hommes se réunissent à midi  autour d’un repas convivial ou vin et saucisson sont vivement recommandés. Autour de ce banquet, les blagues fusent, les anciens se rappellent le bon temps tandis que les plus jeunes écoutent, se disant sûrement qu’ils seront là, comme cela, dans 30 ans. De quoi ravir ces passionnés avant de repartir pour toute une après midi de chasse qui sera à peine plus fructueuse…

Repartis à « la montagne avec mes vieux », c’est tout un régiment de 8 chiens qui se lancent dans la remise, accompagnés par leur maître. Plus fructueux que les chiennes de Pierre, ceux là finissent par lever un chevreuil, après 1h30 de traque. Et c’est au poste d’Adrien que cela se passe. L’arme à l’épaule, il voit la bête passée, à quelques dizaines de mètres de lui. « 4 répétitions quand même », 4 cartouches tirées. Et cette fois, c’est un franc succès pour le chasseur qui a touché l’animal une seule  fois, au niveau du ventre. Suffisamment heureusement pour ne pas voir la bête souffrir. « Elle est tombée sur le coup » nous raconte Adrien. « J’ai raté les trois premiers coups, je voulais pas me faire chambrer ». Ce sera la seule prise de la journée. Ce chevreuil n’est que la cerise sur le gâteau après un dimanche dont ils ont bien profité.

Rentrés au cabanon, les chasseurs profitent de la fin de journée. Autour d’un verre de whisky, ils se remémorent leur journée. S’en suivent, comme toujours, de nombreuses histoires de chasse.  La bonne humeur est de mise, mais les chasseurs  rentrent chez eux, les uns après les autres. Ils retournent à à leur vie quotidienne, en attendant le week end prochain.