Edouard – Le pragmatique

Édouard – Le pragmatique

 

Il est de ceux qui sont conscients de la précarité du métier. À 34 ans, Edouard est issu d’une formation commerciale. Il est devenu livreur à vélo en mai dernier, mais il s’y attelle réellement depuis septembre. Pour lui, cette activité n’est qu’une passade en attendant de trouver un travail plus stable. Ce sont l’attrait du vélo corrélé à une âme de sportif qui l’ont mené à travailler avec des plateformes de livraison. « Je travaille pour moi » glisse-t-il en souriant. Cette nuance reste importante pour lui comme pour tous les autres livreurs. La facilité d’accès au métier, quant à elle, (il suffit juste de s’inscrire sur internet) ne trouve pas grâce aux yeux du livreur. Selon lui, c’est trop simple.

Physiquement, il faut tenir le rythme, car Edouard pédale en moyenne 25 heures par semaine (hors week-end). La question des horaires a aussi joué un rôle important. Si Edouard se sent plus libre, le planning complexifie le cumul avec d’autres activités en parallèle. Des choses banales comme organiser une soirée entre amis ou rentrer le week-end dans sa ville natale deviennent de suite plus contraignantes. En effet la rémunération est maintenant calculée en fonction du nombres de courses. Le changement de politique des plateformes (Deliveroo, Uber Eats) sur les créneaux horaires de travail, pousse aussi les livreurs à enchaîner les courses pendant les soirs de grande affluence. Si le taux de refus de commandes d’un livreur est trop élevé, la plateforme peut rompre le contrat. Et malgré tous ces désagréments, le plus gros problème pour Edouard est le statut d’auto-entrepreneur, qui est selon lui un statut de salarié déguisé.

« En vérité, livreur à vélo n’est pas un métier. C’est une façon de gagner de l’argent sur une courte période. »

S’il a accepté de travailler en tant que livreur à vélo, Edouard espère néanmoins arrêter au plus vite. En recherche active de travail depuis quelque temps, il attend donc de dénicher un emploi moins précaire. Son souhait ? Repartir dans le commerce. Mais malgré toutes les polémiques et les évolutions de ce « métier », il souhaite garder un contrat, le côté sportif restant tout de même attractif. Pour lui, certains aspects de cette activité doivent être améliorés. Par exemple, revenir à un salaire minimum semble être nécessaire, afin que les heures creuses soient rémunérées.

" Parfois, on tombe sur des clients un peu particuliers "

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