L’évolution

« La prostitution est une des rares professions qui demeure très artisanale en dépit du progrès technique. »

Phillipe Bouvard – Journaliste

L’évolution de la prostitution

Contrairement aux idées reçues, la prostitution n’est pas le métier le plus vieux du monde.

Sa première trace dans la législation française remonte à l’époque de Napoléon. Dans son code civil, en 1804, la prostitution est pour la première fois encadrée, et réglemente les maisons closes, très répandues à l’époque. On les appelait les cocottes, les courtisanes. « Il fallait qu’elles se déclarent, sinon elles étaient envoyées au trou » explique Emilie Boutin, sociologue à l’association l’Amical du Nid 31. Pour surveiller la réglementation, une brigade des mœurs avait été créée.

Dans ces maisons closes, les filles doivent passer une fois par mois une visite médicale, souvent jugée plus dégradante qu’une passe avec un client. Dans une société très chrétienne, « on fait l’amour pour procréer » rappelle Emilie Boutin. En effet, certaines pratiques comme la fellation n’était pas acceptées dans le lit conjugal. Pour avoir un autre type de sexualité, les hommes se rendent dans les maisons closes. Les maris ne devaient pas ramener de maladies vénériennes au sein de leur couple.

 

Le visite médicale – Toulouse-Lautrec

Un rapport de domination est présent entre les filles au sein des maisons closes, avec les mères maquerelles, la violence des clients. Elles sont entre quatre murs et ont des dettes. « C’est la même chose que les réseaux de traite aujourd’hui » selon Emilie Boutin.

En dehors de ces cocottes et autres courtisanes, la prostitution ne se fait pas que dans des maisons. Dans les rues, se sont les pierreuses qui vont à la recherche du client.

En 1946, la France prend un nouveau tournant en ce qui concerne la prostitution. Avec la loi Marthes Richard, toutes les maisons closes ferment. La France devient un régime abolitionnisme, la prostitution est seulement tolérée.

 

La France abolitionniste

par Émilie Boutin , sociologue - chargée de prévention et de formation à l'Amicale du Nid 31

Avec l’arrivée d’Internet, la prostitution évolue. De nombreux sites se créent. On peut y trouver des « escort », de simples passes, ou encore des logements contre des actes sexuels.

Aujourd’hui, la France compte plus de 30 000 prostituées. 18 600 sont uniquement sur Internet.

Avec la fin des maisons closes, une nouvelle pratique se développe, la prostitution « indoor ». Des passes dans des salons de massages, des bars à hôtel, via internet ou les réseaux sociaux dans des appartements. Cette prostitution cachée se répand de plus en plus, même si elle ne concerne pour l’instant que 8 % de la prostitution totale.

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Lois sur la prostitution au niveau national

  • loi Marthe Richard, 13 avril 1946 : fermeture des maisons closes et abolition du régime de la prostitution réglementée en France depuis 1804
  • loi du 13 avril 2016 :
    • pénalisation du client
    • fin des sanctions contre le racolage passif
    • création d’un parcours de sortie

Arrêté municipal sur la prostitution à Toulouse :

  • 7 juillet 2014, arrêté « troubles prostitution » : délimitation de 5 périmètres dans lesquels la prostitution est interdite

À l’Amicale du Nid 31, nous sommes totalement contre cet arrêté municipal, c’est évident. Les personnes sont quand même sur des zones de non droit car les clients peuvent tout se permettre. L’avenue des États- Unis est éloignée de tout et est un espace glauque où les filles sont plus en danger que dans le centre.

Emilie

L'Amicale du Nid 31

Sexe, argent, politique

par Émilie Boutin , sociologue - chargée de prévention et de formation à l'Amicale du Nid 31