En famille ce n’est pas toujours facile…

« Il a dit qu’il ne se piquerait jamais.  Il a testé les champignons, la MD, la cocaine,  et des dérivés comme ça… le speed forcément. Après moi je ne m’y connais pas. Je n’ai fait que le vivre par ses yeux. Ou du moins par ce qu’il voulait bien me raconter en fait. »

Souvent, les premières victimes collatérales de la drogue sont nos proches. Ceux qui sont à nos côtés tous les jours et qui remarquent les changements.

Ces petites choses qui changent peu à peu dans nos vies. Renfermement, incompréhension, mal être, refus d’admission, isolation et violences… Un tas d’actions qui peuvent littéralement faire basculer notre quotidien. 

Nous avons rencontré Claire (le prénom a été changé pour notre devoir) pour qu’elle nous parle de son expérience.

Étudiante dans le social dans le sud de la france, Claire a 20 ans. Depuis toute petite, elle a été habituée à vivre dans une ambiance familiale particulière.

Son frère, de 8 ans son aîné, était dépendant à la drogue (n’ayant aujourd’hui plus de contact avec celui-ci, elle n’est pas certaine qu’il continue à se droguer).

Toute son enfance, ou du moins une grande part, a été de s’occuper de son grand frère et de subir ses violences. Jusqu’au jour où la violence fut vraiment extrême. Cela fait quelques années maintenant qu’elle a décidé de couper les ponts. 

Même si au final elle n’y a jamais touché, la vie de Claire a toujours tourné autour de la drogue et de ses conséquences. Elle était aux premières loges de la chute de son frère.

Aujourd’hui, elle en garde un très mauvais souvenir, voit d’un très mauvais œil les consommateurs et accepte mal que ses amis consomment. Elle n’a par ailleurs, jamais osé toucher à la drogue. 

« Quand j’étais petite, il me disait toujours, ton premier pétard ce sera avec moi. Comme ça au moins tu seras dans des mains sûres… pour te droguer. Je trouvais ça un peu malsain dans le sens où j’ai 8 ans de moins que mon frère et qu’il m’en parlait quand j’étais très jeune. Moi ce n’était pas quelque chose qui m’intéressait. Pour lui, c’était quelque chose d’important dans sa vie en fait. Il y avait quelque chose de presque sacré autour de ça. »

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