business is business – WEBDOC Prostitution

BUSINESS IS BUSINESS

argent et professionnalisme

 

 

Ici, vous allez découvrir à travers trois témoignages ; la façon dont les travailleurs du sexe fixent leurs prix ainsi que l’ampleur financier de cette profession. Des pratiques qui se montrent plus compliquées en cette période de crise sanitaire.

Partez à la rencontre de Aydeen, escort de 21 ans, June Charlot, médiateur en santé de l’association Grisélidis et enfin Michel*, policier de 45 ans travaillant au sein de la BRB (Brigade des Répressions du Banditisme) de Toulouse. Des témoignages poignants qui permettent une diversité de parcours, de vies, et de buts.

* Les prénoms ont été modifiés.

Aydeen

Escort

« Malgré une clientèle moins populaire, c’est ma famille qui me fait rester à Toulouse. Les tarifs ont vraiment baissé en ville. Il y a quelques années, on était sur une moyenne de   200€ la prestation. En plus du Covid, on est passé à 100 € aujourd’hui. »

« J’ai un compte Onlyfans et TopForFan. Les deux me permettent de poster des photos et les clients doivent suivre un processus d’abonnement mensuel sur lequel ils payent 9,99 € pour accéder à mon profil. Onlyfan récupère 10 % de ce que je touche. Top For Fan sur lequel je suis ambassadeur m’a permis d’avoir des réductions. Du coup, ils ne me prennent que 2 % de ce que je gagne. »

« J’ai aussi fait un compte spécifique pour mes clients sur Twitter que je donne via mes annonces. En général, j’y retrouve des clients plutôt jeunes qui ont moins de 35 ans et qui trouvent plus facile de passer par là. Les clients plus âgés savent, en général, moins bien s’en servir et préfèrent m’appeller. »

« Via Snapchat ou Skype, il m’arrive aussi de faire des   « sex cam » qui coûtent en moyenne 40€ à 70€. »

« La majorité de mes clients sont des clients réguliers et font appel à mes services en général une quinzaine de fois dans le mois. J’ai aussi des clients occasionnels qui peuvent venir qu’une seule fois. Par jours, je vois 2 clients minimum. » 

« La plupart du temps, les clients me payent en espèces et pour mes clients réguliers certains payent en virement sur PayPal à l’avance. »

« Le seul souci avec Paypal, c’est que l’encaissement se fait sur une courte durée. Si le client me paye 10 €, j’ai 10 minutes pour l’accepter et pour l’encaisser, sinon il peut se retirer, et je perds mon argent. »

> Grille des tarifs des prestations 

« Mes parents ne sont pas au courant de ce que je fais, mais sont au courant de mon activité de cash master qui consiste à devoir répondre aux attentes de personnes ayant besoin d’être insultées et frappées. Tout ça via Twitter. »

« Twitter est un réseau social qui laisse pas mal d’annonces passer et qui ne censure pas beaucoup. Les gens peuvent mettre ce qu’ils veulent et les contacts se font par message privé. Ce sont les clients qui m’abordent. » 

Un sentiment partagé et observé par l’association Grisélidis. Elle remarque une baisse de prix pour les travailleurs et travailleuses du sexe. Leurs services sexuels sont tarifés sur Internet, comme dans la rue. L’association recense une réelle augmentation des profils sur le web et les prestations ont des grandes diversités. Les prix varient selon l’âge de la clientèle et de la ville.

June Charlot

Médiateur en santé, Grisélidis

 « La loi concernant la pénalisation des clients est l’une des premières conséquences de la baisse des prix. Qui dit moins de clients, dit moins d’argent. Aujourd’hui, les personnes qui maîtrisent les outils informatiques passent directement par Internet, ce qui permet alors un accès plus facile et sécurisant. »

« Aujourd’hui, sur le numérique, il est possible de proposer des prestations d’une demi-heure qui nécessite le même temps de préparation qu’un service d’une heure. »

« Ce ne sont pas les mêmes pratiques. Sur le web, 1 heure va être tarifée entre 100 € et 300 €. Dans la rue, les gens vont vendre plus à l’acte (fellation, pénétration vaginale…). » 

 

 

« Avec la précarité généralisée en France, il y a de plus en plus de travailleuses du sexe. Cette concurrence fait varier les prix. »

« Quand je suis arrivé à Toulouse, c’était 30 € la pipe et 50 € la passe. Maintenant ça serait plutôt 20 € la pipe et 40 € la passe. Ça reste difficile à comparer. »

« Sur le net, les prostitué.e.s vont vendre d’autres prestations que des actes sexuels. Ça peut aller de la simple séduction, au  jeu du/de la petit.e-ami.e jusqu’à une séance de cinéma. »

À travers son métier de médiateur santé, June Charlot travaille aux côtés des travailleuses du sexe à la fois sur Internet et dans la rue, ce qui lui permet de pouvoir faire ces comparatifs de prix. 

C’est également le cas de Michel*, policier de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) de Toulouse qui suit de près les différentes transactions effectuées dans la rue et sur les sites d’annonces.

Michel*

Agent de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme)

* Les prénoms ont été modifiés.

« La prostitution génère plus d’argent que le trafic d’armes. Sur le plan mondial, derrière le trafic de drogue. La traite sexuelle est ce qui rapporte le plus d’argent. »

« La passe est environ à 150 € de l’heure. La demande moyenne des clients est d’une heure. On peut donc estimer que dix clients par mois, ça fait 1500 €. De ce qu’on a pu observer, la plupart des escorts travaillent 7j/7. »

« Quand on compare le salaire moyen du pays, on comprend pourquoi elles se prostituent. »

« Ça fait 12 et 15 ans qu’on fait ce métier et on trace toujours beaucoup d’argent. »

« Les proxénètes sont souvent d’ancien.nes.s prostitué.es devenu.es.s de vrais business man/woman. Avec l’argent qu’ils/elles amassent, cela leur permet d’acheter des filles étrangères pour les faire venir en France. »

« Si un client vient pour coucher avec une prostituée et qu’il ne paye pas, c’est une escroquerie. »

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