Rechercher

VélÔToulouse explose les compteurs : 11 millions de trajets en un an, le vélo remplacerait-il la voiture à Toulouse ?

Un code couleur démarque les vélos à assistance électrique (orange) des mécaniques (rose).

Avec 70 000 abonnés et 30 000 locations quotidiennes, VélÔToulouse s’impose comme alternative économique au stationnement payant. Mais la voiture cède-t-elle du terrain dans la métropole congestionnée ? 

Au petit matin, dans les rues encore calmes des Carmes, Charles enfourche un VélÔToulouse et file sur les pavés. Direction l’avenue de Biarritz, en périphérie, où l’attend sa voiture garée gratuitement. Cet étudiant en master BTP alterne cours en centre-ville et chantiers aux abords de la métropole. « Je prends le vélo tous les matins, c’est plus économique que de me garer en centre, où tout est payant », sourit-il. Comme beaucoup d’usagers, il compose entre vélo et automobile, symbole d’une mobilité en morceaux.

En 2025, le service de vélos en libre-service a dépassé les 11 millions de trajets annuels, avec 70 000 abonnés et près de 30 000 locations quotidiennes, dont près d’un vélo sur deux à assistance électrique (VAE). Depuis sa refonte en 2024, le nombre d’abonnés longue durée a presque doublé, passant de 31 700 (juillet 2024) à plus de 70 000 fin septembre 2025. JCDecaux et Tisséo Collectivités confirment ce bond, porté par l’extension à 445 stations, l’ajout de 50% de VAE et le stationnement payant en centre-ville. De 30 000 à 68 000 inscrits en 13 mois, cette dynamique traduit un usage régulier, notamment domicile-travail. Mais le trafic automobile reste lourd et le stationnement payant s’étend.

« L’extension du stationnement a eu un double effet : réduire la place de la voiture et libérer de l’espace pour les aménagements cyclables, créant un cercle vertueux », analyse Sylvain Mitchell, chargé de mission mobilités actives à Tisséo Collectivités. En dix ans, la part des déplacements en voiture a baissé d’environ 10 points, tandis que celle du vélo a doublé, pour atteindre 4 % des trajets quotidiens dans l’aire urbaine.

Les causes de la progression 

L’essor du vélo à assistance électrique contribue largement à cette progression. Les trajets réalisés en VAE sont deux fois plus longs en moyenne qu’en vélo mécanique, rendant accessible, les périphéries ou les coteaux. « Des personnes qui n’auraient jamais imaginé pédaler s’y mettent, notamment des seniors qui n’avait plus confiance en leur capacité physique », observe le spécialiste.

De plus, le service s’étend hors du boulevard périphérique avec six nouvelles communes, Blagnac, Aucamville, Balma, dès septembre 2025, ajoutant 16 stations à Blagnac et 70 stations supplémentaires au total. Ce sont plus de 445 stations et 3 650 vélos qui sont déployés sur l’ensemble du bassin toulousain. 

Les infrastructures s’agrandissent. Le réseau Express Vélo se déploie à travers la ville rose. Ce réseau cyclable permettrait de structurer une offre d’itinéraires cyclables continus, lisibles, sécurisés sur 430 km, dont 290 km à Toulouse Métropole. Il complète, sans remplacer, le réseau cyclable existant par 22 lignes : 2 circulaires autour du centre-ville élargi et de Toulouse, et 20 radiales reliant centralités urbaines, zones économiques, pôles multimodaux Tisséo et gares régionales

Mais pour Charles, le vélo n’est qu’une adaptation à une contrainte donnée par l’environnement, il n’a pas le choix. “Dans le BTP, je change souvent de chantier. Tout faire à vélo n’est pas réaliste. Mais tant que je peux éviter de faire rentrer en ville ma voiture, je le fais. Ça ne remplace pas mon principal moyen de locomotion,” dit-il. 

Pour Tisséo, la transition se joue « par étapes », avec l’appui des aides à l’achat de VAE, des formations à la circulation urbaine ou encore des services proposés par la Maison du Vélo. L’objectif n’est pas d’éradiquer la voiture, mais d’en réduire progressivement la dépendance.