À Toulouse, les étudiants de la résidence universitaire Les Humanités 1 affrontent l’hiver sans chauffage fonctionnel. Les travaux de rénovation sont en cours, mais leur retour à la normale n’est pas prévu avant 2027. Sur place, nous avons rencontré des étudiants et des techniciens qui témoignent des difficultés et des solutions provisoires mises en place pour limiter les désagréments.
Camélia, étudiante en master ESO et résidente depuis deux ans, décrit son quotidien : « Je n’ai jamais eu de chauffage ici. Dès que j’ai signalé le problème, j’ai eu l’impression que ça n’intéressait personne. J’ai donc acheté un petit chauffage électrique que j’utilise chaque hiver. » Pour elle, la situation est d’autant plus frustrante que l’entretien et les pannes dépendent souvent des étudiants eux-mêmes. « À un moment, j’avais un problème de store pendant deux ans, ils ne l’ont jamais réglé. J’ai dû le faire moi-même », raconte-t-elle. La solidarité avec les voisins existe ponctuellement : « Je demande parfois à ma voisine si elle remarque un problème, mais sinon on ne se parle pas trop. »
Raphaël, venu rendre visite à une amie, témoigne des contraintes quotidiennes : « Le chauffage d’appoint suffit pour l’instant, mais l’été, il y aura des coupures d’eau et des déménagements temporaires. L’administration informe au dernier moment, ce qui complique la vie. » Les loyers restent inchangés, alors que le chauffage est censé être inclus dans les charges. La situation accentue le stress et la précarité des étudiants, déjà confrontés à un quotidien difficile.
« Ce n’est pas seulement poser des radiateurs, c’est une rénovation complète.”
Le Crous de Toulouse-Occitanie confirme des « dysfonctionnements du système de chauffage » liés à l’ancienneté du réseau et aux travaux en cours sur l’ensemble de la résidence. La remise à niveau complète n’est pas prévue avant l’été 2027. Les travaux, commencés en juin 2025, se déroulent en site occupé, avec des contraintes logistiques importantes et un suivi minutieux.
Mehdi Martinez, plombier pour l’entreprise Atelier de Vic, explique : « Le Crous a lancé un appel d’offre et notre équipe a été sélectionnée pour remettre le chauffage à neuf et rénover les réseaux sanitaires. » Selon lui, l’ancienneté des bâtiments complique le chantier : « Les réseaux sont anciens, les murs ne sont pas toujours droits, il faut repenser le passage des tubes et s’adapter à chaque appartement. » La rénovation se fait progressivement : vider un logement, installer les équipements, reloger le résident, puis passer au suivant. « Ce n’est pas seulement poser des radiateurs, c’est une rénovation complète. La coordination avec l’administration et la gestion des appartements occupés prennent beaucoup de temps », précise-t-il.
De son côté, Christine Khattou, directrice de l’unité hébergement du Crous, nuance la perception de la situation : « La majorité des logements reste fonctionnelle et en bon état. Nous faisons de notre mieux pour planifier les travaux dans des délais très contraints et fournir des équipements temporaires aux résidents. »
La situation des résidences universitaires toulousaines illustre une tendance plus large. Comme tous les organismes publics, le Crous doit composer avec l’incertitude politique et les baisses de subventions, qui impactent directement la maintenance et la rénovation des logements.
Évolution des capacités d’hébergement des Crous (2020-2024)
source :Les Crous
Deux contenus audio supplémentaires sur la thématique du logement à Toulouse :


