Avec le Réseau Express Vélo, la métropole veut relier 12 communes autour de la Ville rose et offrir une alternative sécurisée à la voiture. D’ici 2030, 70 kilomètres de voies rapides pour les vélos devraient être créés.
Aujourd’hui le vélo est un moyen très emprunté par les habitants de la ville rose. Par conséquent, il s’impose aussi comme un axe central des politiques de mobilité de l’agglomération. Avec le Réseau Express Vélo, la métropole ambitionne de changer d’échelle. « L’idée du REV, c’est de proposer de vrais axes structurants, continus, qui permettent de traverser la ville sans rupture », explique le chargé de mission mobilités chez Tisséo, Sylvain Mitchell.
Pensé comme un réseau à part entière, le REV vise à relier les grands pôles de la métropole par des itinéraires pratiques et sécurisés. « Aujourd’hui, beaucoup de cyclistes se retrouvent confrontés à des pistes qui s’arrêtent brutalement ou à des portions dangereuses. Le REV doit répondre à ce problème de discontinuité ». Un constat partagé par de nombreux usagers, alors que la pratique du vélo ne cesse de progresser à Toulouse.
Un projet intégré aux autres mobilités
Le Réseau Express Vélo ne se pense pas de manière isolée. Il s’intègre dans une stratégie plus large de report modal. « On ne travaille pas le vélo tout seul dans son coin. Le REV est conçu en lien avec le métro, le bus, le tramway et même le train, pour faciliter les correspondances », précise Sylvain Mitchell.
L’objectif de ce projet est clair, permettre aux habitants de se déplacer autrement que par la voiture, notamment pour les trajets domicile-travail. En reliant les quartiers, les zones d’emploi et les pôles d’échanges, le REV entend devenir une alternative crédible, y compris sur des distances plus longues que les trajets urbains traditionnels à vélo.
Sur le terrain, un sentiment de sécurité encore fragile
Si le projet séduit sur le papier, la réalité du terrain reste contrastée. Camille, 32 ans, professeure des écoles, utilise son vélo quotidiennement pour se rendre au travail. « Sur le papier, le REV, c’est exactement ce qu’il fallait. Des axes larges, continus, séparés de la circulation… forcément, ça rassure », reconnaît-elle.
Mais dans la pratique, la jeune cycliste reste mesurée. « Mais pourtant aujourd’hui, on sent qu’il manque encore beaucoup de choses. Certains axes sont déjà très pratiques à vélo, d’autres pas du tout, et ça crée parfois des coupures qui obligent à revenir au milieu des voitures. »
Lancé en 2020 par Toulouse Métropole, le Réseau Express Vélo doit à terme compter 22 lignes et plus de 400 kilomètres d’aménagements. Un projet de long terme, que Camille observe avec attention. « Pour les communes autour de Toulouse, c’est une vraie avancée je pense. Ça permet aux habitants de Colomiers, Blagnac ou d’autres villes de la métropole de rejoindre le centre-ville à vélo dans des conditions beaucoup plus sécurisées que ce qu’il y avait avant. », estime-t-elle. « Mais pour moi le problème reste encore un peu le même, est-ce que ce réseau améliore vraiment la sécurité une fois arrivé dans le centre-ville ? Je pense qu’aujourd’hui, c’est surtout là que les problèmes avec les voitures restent les plus importants. »
Aménagements et sensibilisation pour mieux cohabiter
Face à ces constats, la collectivité ne mise pas uniquement sur les infrastructures. Des initiatives de sensibilisation et de formation accompagnent le déploiement du REV. Apprentissage du vélo en ville, rappels des règles de circulation, formations pour adultes débutants : plusieurs dispositifs existent pour sécuriser les pratiques.
« Aménager, c’est essentiel, mais ça ne suffit pas. Il faut aussi accompagner les usagers pour améliorer le partage de l’espace public », souligne le chargé de mission chez Tisséo. Une approche globale, qui vise à apaiser les relations entre cyclistes, automobilistes et piétons.
Au-delà des pistes cyclables, le Réseau Express Vélo interroge la place du vélo dans les habitudes de déplacement. Son efficacité dépendra autant de la qualité des aménagements que de leur appropriation par les usagers. Dans une métropole comme Toulouse, le REV pourrait ainsi jouer un rôle clé dans l’évolution des mobilités.
Clémence Riot


