Pour les jeunes toulousains, la culture se découvre parfois par hasard… et souvent sur Instagram. Une pratique qui reflète une tendance plus large : celle d’une génération attirée par des formats courts et facilement accessibles pour organiser son agenda culturel.
Pour un mardi matin gris de février, quelques étudiants déambulent au muséum d’histoire naturelle. Une classe de primaire termine sa visite et sort de l’imposant musée situé aux allées Jules-Guesde, laissant place à d’autres visiteurs. Aujourd’hui, le prix d’entrée est à8 euros pour les étudiants et les moins de 18 ans (saison haute), sinon il est de5 euros en saison basse. Ce billet d’entrée à presque dix euros n’a pas empêché certains étudiants de venir. «Ce qui est drôle c’est qu’on découvre les tarifs réduits souvent par hasard» plaisante Luka, un étudiant en lettres âgé de 20 ans venu profiter d’une matinée de découvertes scientifiques. Selon lui, ces offres pour étudiants ne sont pas assez mises en avant : « Je l’apprends souvent via des comptes Instagram qui exposent les bons plans, mais sur les sites officiels ce n’est pas assez visible.» Les comptes qu’il cite sont Culturel Toulouse et Toulouse Culture Club, qui cumulent respectivement 5 432 et 42 600 abonnés. Rien que ça.

Muséum d’histoire naturelle © DJAOUTI Meïssa
Instagram : le réflexe culture de la Gen Z
Ces nouveaux modes de communication séduisent un public actif sur Instagram. Un peu plus loin, au Moaï, le restaurant du Muséum, Estelle déjeune. Elle s’informe régulièrement via les comptes cités plus haut et apprécie particulièrement leur efficacité visuelle, à savoir une information en une phrase à l’esthétique épurée : « Quand je vois une info balancée avec une belle image en fond, je veux en savoir plus. J’ai toutes les informations directement, ça me plaît.»
Les posts sont soignés et reprennent l’esthétique uniforme du compte Culturel Paris. La version toulousaine met en avant des événements parfois passés inaperçus, et indique sobrement la nature de l’événement, le lieu, la date, l’heure et le prix, sans oublier de rappeler que des informations sont disponibles sur les pages des lieux et artistes concernés.
En rendant plus visible une offre culturelle déjà riche, l’essor de ces canaux interroge les codes de communication traditionnels.
Réinventer les codes
Pour Nicolas Mathé, rédacteur en chef du Clutch Magazine, les réseaux sociaux prennent de plus en plus d’importance dans la communication culturelle. Pour autant, ils ne remplacent pas les outils classiques.« Les réseaux sociaux créent un lien plus intime avec le public, mais les sites restent les vitrines principales. », nuance-t-il. Il insiste sur leur importance dans le renouvellement des publics pour les structures culturelles : « C’est un gros enjeu pour ces structures, notamment les théâtres, les salles de cinéma, les centres d’art. En cela les réseaux sociaux jouent forcément un rôle majeur, notamment auprès d’un public plus jeune.». Il rappelle que des relais médiatiques existent entre les sites et les réseaux sociaux pour faire la liaison. Il cite le Clutch Magazine, qui offre un moyen pour ces structures de communiquer et toucher un large public.
Pour rappel, cette enquête IPSOS montre que 92 % des 1 000 jeunes interrogés âgés de 13 à 25 ans, considèrent la culture comme une source de richesse et de diversité, preuve d’un véritable intérêt.
DJAOUTI Meïssa


