À Toulouse, la précarité étudiante s’intensifie sous l’effet du coût du logement, de l’alimentation et des dépenses contraintes. Distributions solidaires, épiceries étudiantes ou aides ponctuelles tentent de répondre à une demande croissante.
Boucler les fins de mois devient un exercice d’équilibriste pour une partie des étudiants. Selon une enquête de la FAGE, 20 % déclarent ne pas manger à leur faim. Un constat confirmé sur le terrain par Léonie Chouat, présidente de l’AGEMP :
« La précarité étudiante continue d’augmenter. On le voit avec la hausse du nombre de bénéficiaires lors de nos distributions alimentaires. »
Chaque semaine, l’association organise des distributions gratuites en partenariat avec la Banque alimentaire. Les inscriptions progressent, signe d’une demande croissante. Autre indicateur révélateur : le reste à vivre. D’après les données relayées par l’AGEMP, 78 % des étudiants disposent de moins de 100 € par mois une fois leurs charges fixes réglées.
Le logement, premier facteur de fragilité


Le logement représente plus de la moitié du budget étudiant, loin devant l’alimentation et les transports.
Sources : UNEF, FAGE, Observatoire de la vie étudiante et données de l’AGEMP.
Premier poste de dépense, le logement pèse lourd dans le budget étudiant, loin devant l’alimentation ou les transports. Pour Léonie Chouat, cette pression financière a des conséquences directes :
« Aujourd’hui, certains étudiants sautent des repas pour pouvoir payer leur loyer. »
Une réalité vécue au quotidien par Julie, étudiante : « Une fois que j’ai payé mon loyer, mes charges et mes factures, il ne me reste presque rien. Il y a des semaines où je dois faire des choix, notamment sur l’alimentation. »
Dans le parc privé, les loyers ont augmenté entre 2018 et 2025 (+ 14% selon les organisations étudiantes locales). Ils atteignent en moyenne plus de 500 euros mensuels, selon ces mêmes estimations.
À ces charges s’ajoutent les dépenses contraintes du quotidien. Transports, alimentation, fournitures : les arbitrages s’enchaînent. Léonie Chouat évoque aussi « des étudiants qui travaillent en parallèle, parfois au détriment des cours ». Une situation qui pèse sur la réussite et qui alimente le recours aux aides d’urgence, notamment en fin de mois.
Des réponses d’urgence qui se multiplient
Face à ces difficultés, plusieurs dispositifs d’aide alimentaire se déploient dans la métropole. Près du Capitole, l’épicerie solidaire Rayon 31 UT accueille des étudiants orientés par des travailleurs sociaux ou des structures étudiantes. Produits de base, conserves, hygiène : les denrées sont proposées gratuitement ou à très bas coût.
Thomas, étudiant en licence, s’y rend régulièrement : « Sans ça, je ne pourrais pas manger correctement toute la semaine. Ça m’aide à tenir, surtout en fin de mois. »
Même constat du côté de l’AGEMP, qui organise des distributions hebdomadaires sur plusieurs campus de Toulouse.
« Le nombre de bénéficiaires progresse à chaque distribution », observe sa présidente, Léonie Chouat.
Certaines ouvertures de dispositifs ont enregistré plus de 150 inscriptions en quelques jours, signe d’un recours croissant à ces aides ponctuelles.
Une solidarité qui dépasse l’alimentation
Au-delà de l’aide alimentaire, d’autres formes de soutien émergent. Dans le quartier de la Cartoucherie, la structure CartouCirc, fondée par Marion Robert, remet en circulation des biens du quotidien issus de dons : vêtements, objets ou livres. Labellisée Emmaüs 31, la boutique applique des tarifs solidaires situés entre 3 et 8 € la pièce.
Des bons d’achat sont également distribués via des structures sociales locales, dont peuvent bénéficier certains jeunes en difficulté financière.


