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Au sein de l’université Toulouse Capitole, les invendus deviennent une leçon d’écologie

l'épicerie est ouverte du lundi au vendredi. @Antoine de Bailliencourt

Chaque semaine, des tonnes de denrées alimentaires récupérées auprès des grandes surfaces et des producteurs sont redistribuées aux étudiants bénéficiaires de l’épicerie solidaire Rayon 31 de l’Université Toulouse Capitole. Au-delà du soutien alimentaire, cette initiative permet de lutter contre le gaspillage et de sensibiliser la jeunesse à l’impact écologique de leur consommation.

L’épicerie solidaire, Le rayon 31, gérée par la banque alimentaire, située au sein de lUniversité Toulouse Capitole illustre parfaitement comment une organisation bien pensée peut limiter le gaspillage alimentaire tout en formant les étudiants à une consommation responsable. Les produits, qu’ils proviennent des supermarchés, des industries agroalimentaires ou directement des agriculteurs, sont collectés, triés et mis en rayon pour être consommés avant d’être jetés. «Nous avons aussi un vélo cargo pour récupérer des invendus en centre-ville», explique Zélia Cavalerie, responsable communication et mécénat de la Banque alimentaire de Toulouse.

Le vélo cargo est mis à disposition des bénévoles quotidiennement. @Antoine de Bailliencourt

Chaque année, 3 600 tonnes de denrées sont redistribuées, dont 75 % auraient été jetées sans cette action. Chaque semaine, 38 000 personnes bénéficient de la redistribution, dont 30 % ont entre 15 et 25 ans. Au-delà des chiffres, c’est l’impact humain qui marque les esprits. Les étudiants racontent leur quotidien et comment cette initiative transforme leur rapport à la nourriture.

Un apprentissage concret pour les étudiants

Pierre, étudiant en histoire, confie : «Je privilégie les produits qui ne seront pas jetés rapidement. Même si ce n’est pas toujours facile, j’essaie de planifier mes repas pour tout utiliser et éviter le gaspillage.» Pour le jeune homme de 19 ans, chaque repas devient un exercice de conscience écologique, un moyen de réduire son empreinte tout en apprenant à mieux gérer son budget. Lola, étudiante en droit, souligne également la dimension pédagogique : «J’achète souvent en gros pour des raisons économiques, mais je prends le temps de consommer ce que j’ai déjà et de transformer les légumes ou produits un peu abîmés en soupes ou plats mijotés.» L’étudiante de 20 ans raconte même avoir inventé de petites recettes «anti-gaspi» qui servent ensuite à ses amis montrant que le geste écologique peut se partager et se transmettre. Amaïa, étudiante âgée de 21 ans, à l’Université du Mirail, complète ce tableau : «Quand je récupère un produit à l’épicerie, je me dis que j’évite qu’il soit jeté pour rien. Ça limite les émissions de CO2 liées à sa production. Depuis que je viens ici, je fais beaucoup plus attention à ce que j’ai déjà chez moi, je planifie mieux mes repas et j’essaie d’utiliser les produits jusqu’au bout.» Pour les étudiants, cette redistribution n’est pas seulement un soutien alimentaire, elle devient un outil d’éducation à la consommation responsable et à l’écologie. Les ateliers organisés par la Banque alimentaire et des associations partenaires enseignent à cuisiner des produits de saison, à valoriser les restes et à limiter le gaspillage. Ces moments sont aussi l’occasion d’échanger, de partager des astuces et de sensibiliser les jeunes à l’impact environnemental de leur alimentation.

Impact de la redistribution alimentaire

Denrées sauvées du gaspillage
75%
Bénéficiaires hebdomadaires
60%
Jeunes de 15–25 ans
30%

Une logistique au service de l’écologie

L’action ne se limite pas à la récupération des invendus. Chaque produit collecté est trié pour garantir sa qualité, puis mis en rayon afin d’éviter le gaspillage. «Nous récupérons les produits quotidiennement auprès des supermarchés, des industries agroalimentaires et des agriculteurs, puis nous les trions et les préparons pour les mettre en rayon», détaille Zélia Cavalerie. La coordination est précise et chaque geste compte : sauver des denrées, organiser la distribution, sensibiliser les étudiants et les accompagner vers des pratiques durables. En combinant organisation, pédagogie et action concrète, l’épicerie solidaire Rayon 31 montre que la lutte contre le gaspillage alimentaire n’est pas qu’un enjeu individuel. C’est une chaîne collective où chaque geste compte, où les étudiants deviennent acteurs d’un changement écologique tangible, et où l’initiative transforme à la fois leurs habitudes et leur regard sur la consommation responsable.