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À Toulouse, le vélo s’impose comme une alternative crédible à la voiture

Depuis presque 2 ans, le nombre de trajets effectués avec les vélos tisséo a été multiplié par quatre. La mairie a investi massivement dans les aménagements en faveur des cyclistes. Pourquoi les toulousains se tournent autant vers le vélo ?

Lorsqu’on évoque le vélo, on pense immédiatement à une balade le long du Canal du Midi. Ce constat est en partie vrai quand on marche dans Toulouse et que même sous un temps pluvieux, les plus téméraires pédalent sous les platanes. 

Désormais, ces sorties ont une allure plus professionnelle. L’usage du vélo est entré dans le quotidien des Toulousains, comme le confirme Bruno Gillet, Gérant d’un magasin de vélo à Toulouse : “ Nos ventes ont augmenté de 25 % par an ces deux dernières années. Nous avons désormais une clientèle qui cherche un vélo comme moyen de déplacement et non comme un loisir. Les trajets pour aller au travail sont plébiscités.” 

Un changement multifactoriel

Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs. Si longtemps le vélo a été considéré comme une option pour éviter les aléas d’un trafic souvent surchargé, pour Bruno Gillet, son achat se décide aussi pour des raisons économiques, surtout pour les résidents du centre-ville : “ Beaucoup de mes client me confient préférer acheter un vélo plutôt qu’une voiture pour des raison de pouvoir d’achat.” Cette impression est partagée par Stéphane, cycliste régulier depuis peu. “ Réparer ma voiture aurait coûté trop cher. L’achat d’un vélo était la décision parfaite pour mes finances et mon quotidien. “ 

La ville et la métropole de Toulouse ont aussi œuvré pour répondre à la hausse démographique. Elles ont Conscience qu’il était nécessaire d’augmenter le nombre d’usagers pour éviter un engorgement et une pollution accrue. Des aménagements ont été effectués ces deux dernières décennies ont permis de faire évoluer les mentalités et les mobilités urbaines. Jean Christian Meslet, directeur de l’association “Automobile club du Midi“, témoigne de cette évolution : “La voiture a tendance à être chassée de la ville au profit des mobilités douces. La ville a beaucoup investi pour changer le paysage urbain et permettre au vélo de se développer.” Nouvelles pistes cyclables, piétonnisation de certaines rues accessibles aux cyclistes font maintenant partie du quotidien des Toulousains.les habitants de la ville rose ont aussi vu apparaître des nouvelles voies rapides réservées aux vélos, facilement reconnaissables depuis quelques mois par leur couleur rouge. Ces aménagements font partie de la catégorie “Vélo Express” du projet de la métropole de Toulouse, regroupés sous le nom pour l’instant encore barbare de SERM (Service express régionaux métropolitains). Il devrait rapidement venir nourrir le vocabulaire des Toulousains. Concrètement, cela consiste à créer un vaste réseau de piste cyclable dans la ville et ses alentours pour permettre aux habitants des communes limitrophes de rejoindre la place Wilson sans descendre de leurs vélos. Ce que l’on pouvait penser être réservé jusqu’à présent aux sportifs et aux acrobates pour se glisser au milieu du trafic.

Des contraintes à prendre en compte pour se développer 

Cette tendance se traduit au niveau des chiffres. Dans son dernier rapport, l’agence d’urbanisme de l’agglomération toulousaine détaille que 36 000 personnes ont utilisé quotidiennement les nouveaux vélos tisséo en juin 2025. Cette nouvelle offre, avec plus de disponibilité a eu un succès immédiat. La société de transports en commun a donc mis en place un abonnement spécial vélo, qui a dépassé les 60 000 adhérents en juin dernier. Un chiffre en hausse constante qui impose aussi de nouvelles contraintes aux collectivités, qui doivent aussi assurer la sécurité de ces nouveaux usagers de la route. A la fin de l’année 2024, l’AUTAT a recensé 54 accidents de vélo, soit une hausse de 39 % par rapport à 2023. Une tendance qu’explique Jean-Christian Meslet :“ Plus on a d’usagers, et plus les risques sont grands. Il faut reconnaître que tous les aménagements n’ont pas encore été sécurisés ou du moins, pas tous bien pensés à ce niveau-là. ” C’est la rançon de la gloire pour la bicyclette qui gagne du terrain, en raison aussi de l’apparition du vélo électrique, étendard de cette transition rapide.