En 2020, moins d’un Balmanais sur deux s’est déplacé pour voter aux municipales. Une chute historique de 23 points par rapport à 2014. À deux mois du scrutin de 2026, la question de la participation devient un enjeu majeur de la campagne.
À Balma, les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2014 et 2020, la participation aux élections municipales s’est effondrée, passant de 74,42% à 51,14%. Un décrochage sans précédent qui interroge l’engagement civique des habitants. À l’approche des municipales de mars 2026, candidats et citoyens se demandent : les Balmanais reviendront-ils voter ?
Aux dernières élections municipales, seuls 6 148 électeurs se sont déplacés, contre 8 150 six ans plus tôt. Soit 2 002 votants de moins. L’abstention, elle, a presque doublé : de 25,58% en 2014 à 48,86% en 2020.
Source : Ministère de l’Intérieur
Ce décrochage brutal s’explique en partie par le contexte sanitaire de mars 2020, au tout début de la pandémie de Covid-19. Beaucoup d’électeurs, par crainte du virus, avaient préféré rester chez eux. Mais ce facteur conjoncturel ne peut masquer une tendance plus profonde : le désengagement progressif des citoyens pour les scrutins locaux.
Un rebond aux élections européennes
Les élections européennes de juin 2024 ont toutefois montré un regain de mobilisation. Avec 62,86% de participation, soit 11,72 points de plus qu’aux municipales de 2020, les Balmanais semblent avoir renoué avec les urnes.
Source : Ministère de l’Intérieur
Reste que ce taux demeure inférieur aux 74,42% de 2014. La question est donc posée : ce rebond de 2024 annonce-t-il une remobilisation pour les municipales de 2026 ? Ou les électeurs resteront-ils à distance d’un scrutin local qu’ils jugent peut-être moins déterminant ?
« C’est notre ville, notre cadre de vie »
Sur le terrain, les habitants affichent un engagement sans faille. « J’irai voter parce que je pense que c’est important », confie un habitant rencontré dans les rues de Balma. Pour lui, les municipales concernent directement le quotidien des habitants : « C’est notre ville, notre cadre de vie. »
Un retraité va plus loin : « Je n’ai jamais manqué un vote », affirme-t-il avec fierté.
Pour les candidats, la bataille ne se jouera pas seulement sur les programmes, mais aussi sur la capacité à faire revenir les électeurs dans les bureaux de vote. Vincent Terrail-Novès, maire sortant, peut compter sur une base fidèle. Mais face à une opposition qui mise sur la participation citoyenne et l’engagement de terrain, rien n’est joué.
Jean-François Robic, candidat de la liste « Balma avec vous« , multiplie justement les rencontres de proximité pour toucher un électorat peut-être déçu ou désengagé. Sa stratégie : redonner du sens au vote local en promettant une gouvernance plus participative.
Le scrutin du 15 mars, un test démocratique ?
Le 15 mars prochain, les Balmanais auront rendez-vous avec leur démocratie locale. Les chiffres de participation seront scrutés de près, non seulement pour déterminer le vainqueur, mais aussi pour mesurer l’état de santé de l’engagement citoyen dans la commune.
Entre ceux qui « n’ont jamais manqué un vote » et ceux qui ne se déplacent plus, c’est deux visions de la citoyenneté qui coexistent. La question reste entière : Balma retrouvera-t-elle en 2026 les niveaux de participation de 2014, ou confirmera-t-elle le décrochage observé en 2020 ?
