À Saint-Orens-de-Gameville, commune de la périphérie toulousaine, la campagne des élections municipales du 15 mars se déroule dans un climat de faible mobilisation électorale. Réélu largement ces dernières années, l’exécutif municipal bénéficie d’une stabilité politique durable, tandis qu’une partie des habitants dit avoir le sentiment que l’issue du scrutin est connue d’avance. Mais la ville a profondément évolué ces dernières années. Reste à savoir comment ces transformations se traduiront dans les urnes.

Affiche libre Saint Orens de Gameville ©Eleane Clou
Comme dans de nombreuses communes, la participation électorale est en déclin. A Saint Orens, en 2008, 76 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes. En 2020, ils n’étaient plus qu’environ 48 %.
La crise sanitaire a pesé sur ce scrutin, mais elle ne suffit pas à expliquer cette baisse. Depuis plusieurs années, un sentiment revient chez une partie des habitants : celui d’une élection jouée d’avance.

« Ici, on sait déjà qui va gagner », estime Marc, 63 ans, installé à Saint-Orens depuis 1988. Il explique même voter dans le Lot cette année, où il possède une résidence secondaire. « Là-bas, l’enjeu me paraît plus fort. »
Lors des municipales de 2020, la maire sortante Dominique Faure a été réélue dès le premier tour avec 54,51 % des voix, un score proche de celui obtenu en 2014. Depuis plus de dix ans, la commune reste solidement ancrée au centre droit. Une continuité qui rassure certains habitants.
« Je vote par habitude. Ça se passe plutôt bien pour moi, alors pourquoi changer ? » confie Jean, rencontré au club de cyclisme.

D’autres, en revanche, expriment une lassitude face à cette stabilité politique. « Je ne veux pas d’un troisième mandat. Un peu de nouveauté ne ferait pas de mal », estime Claire, 41 ans.
En effet cette attente de changement se reflète dans la campagne menée par la candidate d’opposition, Aude Lumeau-Préceptis. « On voit beaucoup de prospectus, d’ateliers, d’affiches de sa part. En comparaison, la maire sortante est beaucoup plus discrète », observe Sophie, 29 ans. Une stratégie classique pour une opposition cherchant à exister face à une élue bien installée. Quand à la maire reste à savoir si cette discrétion relève d’une concentration sur le mandat en cours ou d’une forme de confiance dans l’issue du scrutin.
Mais alors que les habitants ont le sentiment que le résultat est connu d’avance, beaucoup renoncent à voter. Pourtant, Saint-Orens évolue. Entre 2017 et 2023, la population a augmenté de 23,8 %. De nouveaux habitants se sont installés, avec des parcours, des attentes et des priorités différentes. Qu’en sera-t-il le jour du vote ? Les urnes révéleront-elles autre chose que ce que certains anticipent déjà ?

