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[Municipales 2026] Launaguet : transparence, handicap, commerce… Les candidats face aux attentes

Avenue des nobles à Launaguet. ©Jade David

Après deux mandats socialistes, Marie-Claude Farcy, 4ème maire adjointe et candidate à la succession de Michel Rougé, défend son bilan face à Georges Deneuville, qui dénonce un décalage entre discours et réalité. Entre réalisations revendiquées et commune qui « s’essouffle », les deux candidats portent des visions opposées de l’avenir launaguétois.

Marie-Claude Farcy n’a pas attendu la campagne pour arpenter les rues de Launaguet. « Moi, j’habite à Launaguet depuis plus de 40 ans. Il ne faut pas être sur le terrain que quand on est en campagne. Il faut être sur le terrain tout le temps », affirme la 4ème maire adjointe, candidate à la succession de Michel Rougé. Une proximité qu’elle revendique comme une évidence : « J’aime bien faire mes courses. Je marche beaucoup dans la ville. C’est là où on voit ce qu’il faut améliorer. »

Face à elle, Georges Deneuville, Launaguétois depuis 30 ans, porte un diagnostic sans concession : « Plusieurs promesses majeures de la municipalité sortante sont restées sans traduction concrète. Des annonces ont été faites, mais les habitants constatent aujourd’hui un décalage entre les discours et la réalité sur le terrain. Ce manque de résultats alimente une forme de lassitude, et c’est précisément pour y répondre que nous pensons qu’un nouveau cap est nécessaire. »

Une commune qui « s’essouffle »

Marie-Claude Farcy assume la difficulté du mandat écoulé. « On a eu un mandat précédent pas simple, parce qu’on a eu le Covid. On n’a pas pu faire tout ce qu’on a annoncé, c’est vrai. » L’élue reconnaît que cette période l’a « traumatisée » : « Annoncer quelque chose qu’on ne peut pas faire, c’est terrible. »

Mais elle défend les réalisations accomplies : création d’une crèche, réhabilitation des écoles, végétalisation des cours contre la canicule, création d’une micro-forêt, amélioration de la voirie et des déplacements doux, programmation culturelle du théâtre. « Heureusement qu’on a fait des choses », s’exclame-t-elle, rappelant que la commune gère un budget de 13 millions d’euros.

Georges Deneuville ne nie pas que « la commune fonctionne, dans le sens où les services essentiels sont assurés, et où les agents municipaux font leur travail avec sérieux ». Mais, nuance-t-il, « cela relève davantage de la gestion courante que d’une politique ambitieuse mettant en valeur les atouts de Launaguet ou préparant son avenir ». Son diagnostic : « Depuis plusieurs années, Launaguet perd de son dynamisme. Le quotidien se complique, les projets manquent de vision et beaucoup d’habitants ressentent un décrochage. » Face à cette situation, il est catégorique : « Je refuse cette résignation ! » Son objectif avec l’équipe « Unis pour Launaguet » : « Donner une nouvelle dynamique à une commune qui s’essouffle. »

Des angles morts reconnus

Sur certains sujets, Marie-Claude Farcy reconnaît elle-même des lacunes. Le handicap d’abord : « Je trouve qu’on s’en préoccupe faiblement. Pour les personnes en situation de handicap, on pourrait faire beaucoup mieux. » Elle cite les trottoirs, la lecture accessible, la signalétique des bâtiments municipaux. « Je pense qu’on a une marge de progression. »

La communication ensuite. L’élue admet que « le site de la mairie n’est pas très opérationnel d’ailleurs. Mais bon, on est en train de le changer. » Elle plaide pour plus de réactivité : « Maintenant, il faut qu’on soit plus réactifs dans la manière dont on répond. Il faut recevoir les gens plus vite, il faut leur répondre plus rapidement. »

Le soutien au commerce également. « Il y a tout le soutien au commerce qui se fait très lentement. Mais ça, ça se fait », affirme-t-elle, sans développer davantage sur ce dossier sensible pour les commerçants.

Rétablir la confiance

Face aux attentes exprimées par les habitants sur la transparence financière, Marie-Claude Farcy martèle son attachement à la règle : « Si on n’est pas transparent, on nous le fait payer. On a l’obligation de transparence d’un point de vue financier. C’est la loi. Notre budget doit être sincère et en équilibre. »

L’élue balaie les « rumeurs négatives » sur l’état des finances communales. « J’ai entendu dire qu’on n’avait pas l’argent, qu’on n’avait pas de moyens, ce qui est totalement faux. Ça, c’est vérifiable. Il suffit d’aller sur le site, de vérifier les comptes. C’est publié. »

Pour Georges Deneuville, l’enjeu va au-delà de la simple publication des comptes. « Ma deuxième priorité sera de rétablir la confiance entre la municipalité et les Launaguétois, grâce à plus de transparence, notamment sur la gestion et l’utilisation des finances communales, et à une véritable participation citoyenne », affirme-t-il.

Vision contre résignation

Marie-Claude Farcy revendique une forme de « réalisme budgétaire » qu’elle oppose aux promesses de l’opposition. Elle refuse ainsi le terrain de football synthétique réclamé par certains : « Je préfère réhabiliter une école plutôt que payer 150 000 euros pour un terrain synthétique, même si ça me plaît beaucoup. Il faut arbitrer. »

« Je suis dans la ville réelle. Je ne fais pas de la sculpture sur nuages », affirme-t-elle. « Je ne fais pas de promesses vaines. Quand je ne peux pas le faire, quand on ne pourra pas le réaliser, je le dis. Et je sais que ça ne plaît pas toujours, parce que je suis peut-être cash. Mais tant pis. »

Elle pointe la facilité de l’opposition : « Quand on est dans l’opposition, on peut tout promettre. Ça fait rêver. Le terrain de foot, il ne va pas. Oui, on aura un terrain synthétique, bien sûr. Mais non, ce n’est pas comme ça que ça se passe. »

Georges Deneuville refuse précisément cette résignation. « Je souhaite redonner une vision et une ambition claires à Launaguet, en augmentant son potentiel et en portant des projets structurants et réalistes pour l’avenir de la commune », déclare-t-il. Pour lui, avec l’équipe « Unis pour Launaguet », « nous portons un projet clair, responsable et réaliste ». « Nous connaissons Launaguet : ses besoins, ses atouts, ses défis. Nous savons ce que signifie vivre ici, et nous savons ce qu’il faut pour que notre commune redevienne un lieu de vie agréable pour tous. »

Trois priorités pour 2026

Marie-Claude Farcy affiche trois grandes priorités : l’amélioration de tout ce qui relève du handicap, la préservation de l’identité verte de Launaguet (« On est à 50% de vert chez nous, entre la Plaine des Monges, les jardins, le parc »), et le renforcement des associations sportives et de loisirs.

Forte d’une « réserve » financière et d’une « capacité d’emprunt » retrouvée, elle promet de réaliser « les projets dont on rêvait avant » : « Jusqu’à maintenant, ce n’était pas possible. Là, avec les finances que nous avons, on va pouvoir se permettre de les réaliser. »

Georges Deneuville structure son programme autour de trois axes. « Ma première priorité sera d’améliorer le quotidien des habitants : cadre de vie, services de proximité, sécurité et circulation », explique-t-il. « La deuxième sera de rétablir la confiance entre la municipalité et les Launaguétois, grâce à plus de transparence, notamment sur la gestion et l’utilisation des finances communales, et à une véritable participation citoyenne. » Enfin, « je souhaite redonner une vision et une ambition claires à Launaguet, en augmentant son potentiel et en portant des projets structurants et réalistes pour l’avenir de la commune ».

Ces priorités se déclinent concrètement : « Un cadre de vie plus sûr, solidaire et inclusif, soutenir nos familles et nos jeunes, favoriser notre économie locale par une gestion financière rigoureuse et transparente, une commune engagée dans une transition écologique pragmatique et mieux entretenue, plus vivante, et utile au quotidien. » Profondément attaché à Launaguet et à son identité, il se présente pour « porter la voix de notre communauté et défendre nos valeurs : l’esprit de proximité, la solidarité, et l’avenir pour tous ».

Le défi de la crédibilité

Pour Marie-Claude Farcy, qui brigue le fauteuil de maire, l’avantage est clair : « C’est plus facile de savoir exactement ce que l’on peut faire, parce que j’ai une connaissance très fine de nos possibilités. » Elle souligne le contraste avec l’opposition : « Quand on est dans l’opposition, on n’a pas le détail de ce que nous faisons tout au long de l’année. On peut tout promettre. »

Georges Deneuville défend sa légitimité par son engagement de longue date. « Ma passion pour notre commune et le contact avec les Launaguétois sont les moteurs de ma candidature », affirme-t-il. « Je me présente avec du cœur, de l’expérience et une réelle volonté d’agir, convaincu que Launaguet mérite mieux et que nous pouvons, ensemble, lui redonner l’élan qu’elle mérite. »

« Être proche des gens, c’est une réalité du quotidien », conclut Marie-Claude Farcy. « Être élue maire ou maire adjoint, c’est vraiment l’élection de la proximité, l’élection du quotidien. On est au four et au moulin. Moi, c’est ce que j’aime faire. » Un message que Georges Deneuville partage à sa manière : « Je serais le maire qui écoute, qui agit, et qui rassemble. Nous souhaitons que les habitants, les associations, les entreprises se sentent entendus et soutenus. »

Pascal Renard, se présente également aux municipales avec la liste « Launaguet Nature et Citoyenne ». Son programme et ses priorités viendront compléter le débat dans les prochains jours.

À Launaguet, ville de gauche depuis 40 ans, le scrutin de 2026 opposera donc trois visions de la gestion municipale. Entre réalisme assumé, ambition renouvelée et engagement écologique, reste à savoir laquelle convaincra les Launaguétois.