Alors que les élections municipales de 2026 approchent à grands pas, la commune de Gagnac-sur-Garonne reste sur un taux de participation particulièrement bas. Jamais les élections municipales n’avaient mobilisé aussi peu d’électeurs qu’en 2020
L’abstention est un phénomène bien connu en France, mais il est particulièrement marqué dans la commune de Gagnac-sur-Garonne. Ici, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les élections municipales de 2020 n’ont mobilisé que 31 % des personnes inscrites. En tenant compte des votes blancs et nuls, ce chiffre descend même à 26 %. Un chiffre particulièrement marquant comparé à ceux des élections précédentes :
Cet abstentionnisme croissant ne concerne-t-il que les municipales ?
L’ampleur de l’abstention pourrait laisser penser à un désintérêt généralisé pour la vie politique. Pourtant, les résultats des autres scrutins nuancent fortement cette hypothèse. Les élections présidentielles, législatives et européennes enregistrent à Gagnac-sur-Garonne des niveaux de participation comparables, voire supérieurs, à ceux observés lors des cycles précédents.
Selon ces chiffres, le constat est clair. L’implication politique des Gagnacais ne semble pas diminuer au fil des années. Elle s’est même renforcée lors des législatives et des européennes, où la participation a progressé par rapport aux cycles précédents.
Simple impact de l’épidémie de coronavirus ?
La crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus, qui a fortement perturbé le scrutin municipal de 2020, ne peut toutefois être ignorée. Dans toute la France, le taux de participation est passé de 63 % en 2014 à 44 % et 2020.
Les communes voisines de Gagnac-sur-Garonne ne dérogent pas à cette règle. À Seilh par exemple, le taux de participation est passé de 66 % à 47 % entre 2014 et 2020. Ce chiffre passe de 63 % à 33 % à Lespinasse et de 73 % à 51 % à Fenouillet. De manière générale, une baisse notable du taux de participation est à constater entre 2014 et 2020, mais Gagnac fait partie des communes où celle-ci est la plus importante.
Un sentiment d’inutilité chez les électeurs
L’une des explications réside dans la configuration du scrutin. À Gagnac-sur-Garonne, que ce soit en 2008, en 2014 ou en 2020, les élections municipales se déroulent à chaque fois avec une seule liste en présence. Celle du maire actuel Michel Simon (Divers droite), en place depuis 2008. Cette année, l’élu a décidé de ne pas se représenter, mais le seul nouveau candidat n’est autre que son actuel premier adjoint, Patrick Bergougnoux.
« Je suis allé voter en 2020, mais je ne vois plus vraiment de raison d’y retourner avec un seul candidat. Après au vu de la difficulté que représente le poste, ça ne m’étonne pas qu’il n’y ait pas plus de monde », confie Benoît, habitant de la commune depuis plus de dix ans.
Pourtant, certains électeurs perçoivent positivement la stabilité entrainée par ce manque d’alternative. « Le maire fait très bien son travail. On n’a pas besoin d’autres candidats et je compte lui montrer mon soutien », explique Régine, retraitée.

