Dans les petites communes rurales, le taux de participation est souvent scruté comme un indicateur de la vitalité démocratique. Au Carla-Bayle, village d’environ 800 habitants en Ariège, les chiffres témoignent d’un attachement persistant au scrutin, en particulier lors des élections municipales.
Pour Jasmine, habitante du village, la question du vote ne se pose pas : “J’ai vu qu’il y avait qu’une seule liste qui se présentait, mais je ne les connais même pas. Je ne suis même pas inscrite sur les listes électorales. Je ne compte pas le faire… donc je ne vais pas y aller”, confie-t-elle simplement.
À l’approche des municipales, une particularité interroge : une seule liste est, pour l’instant, en lice, celle du maire sortant. Si quelques électeurs ne comptent pas voter cette année, sur le terrain, les avis sont partagés. “Même s’il n’y a qu’une liste, je vais voter. C’est important”, confie un habitant.
Une commune mobilisée dans les urnes
Lors des élections municipales de 2020, 75,9 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes au premier tour. Un chiffre élevé, notamment dans un contexte national marqué par une forte abstention liée à la crise sanitaire.
Cette mobilisation n’était pourtant pas une exception. En 2014, déjà, le taux de participation atteignait un niveau comparable, autour de 75 %, traduisant une stabilité de l’engagement électoral dans la commune. À rebours des tendances observées dans de nombreuses communes rurales, où l’abstention progresse d’un scrutin à l’autre, Le Carla-Bayle semble ainsi conserver un rapport particulier au vote municipal, perçu comme un moment clé de la vie locale.

La dynamique se confirme également lors des élections nationales. Aux législatives de 2024, la participation au Carla-Bayle s’élève à environ 73,9 %, un taux supérieur à celui observé dans la circonscription et bien au-dessus de la moyenne nationale.
Comparé à d’autres communes rurales de l’Ariège, Le Carla-Bayle s’inscrit dans une tendance plutôt favorable, là où certaines zones enregistrent une érosion progressive de la participation, notamment lors des scrutins nationaux.
Pourquoi vote-t-on autant au Carla-Bayle ?
Pour beaucoup d’habitants, la réponse tient à la proximité. Ici, les élus sont connus personnellement. Le maire est croisé à la boulangerie, les conseillers municipaux sont des voisins, parfois des amis.
“On ne vote pas pour un parti, on vote pour des gens”, résume un habitant rencontré sur la place du village.
Cette proximité nourrit un sentiment de responsabilité collective. Voter, c’est participer à la vie du village, mais aussi soutenir ou contester des décisions qui ont un impact direct sur le quotidien : écoles, voirie, services, animations locales.
Reste une question centrale à l’approche du scrutin : cette mobilisation se maintiendra-t-elle si le choix reste limité ? En attendant, le maire lance un appel avant ces élections : “Dans mes discours, je demande toujours aux gens de s’inscrire et d’aller voter.” La réponse se jouera, en mars prochain, dans l’isoloir.
Chloé Bocanegra

