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Municipales à Tarbes : la sécurité comme ligne de fracture

Quartier de l'Arsenal à Tarbes. ©Mathieu Houadec LRDP


À Tarbes, la sécurité s’impose comme l’un des principaux sujets de tension à l’approche des municipales. Entre réponses sécuritaires assumées et appels à une ville apaisée, les candidats dessinent des visions opposées de l’action publique locale.


À mesure que la campagne s’installe, la question de la sécurité occupe une place centrale dans le débat politique tarbais. Un thème sur lequel les candidats s’accordent sur le constat, mais divergent fortement sur les réponses à apporter.


Claverie–Ducrocq : une sécurité recentrée sur le terrain

Pour Michaël Ducrocq, adjoint de Pascal Claverie, le sujet a longtemps été sous-estimée et freinée par des biais politiques. « La sécurité a toujours existé, mais aujourd’hui elle est plus importante, il faut l’admettre. À un moment donné, la grande mode, c’était de dire : si on parle sécurité, c’est qu’on est d’extrême droite. » Le projet de la liste Tarbes, la force d’agir prévoit notamment le déplacement du commissariat de police nationale vers le quartier de l’Arsenal. « Mettre le commissariat à l’Arsenal, avec la police municipale à côté, pour qu’ils travaillent de concert, là où il y a tous les problèmes. ll n’y a jamais eu autant de policiers municipaux, mais pour autant, il n’y a jamais eu autant de problèmes à Tarbes… Il faut les faire travailler au bon endroit, stratégiquement, aux bonnes heures » La place Verdun fait également partie des secteurs ciblés, avec une présence policière renforcée. « On propose de mettre un îlotage place Verdun, là où il y a une mendicité agressive. »

Ancien adjoint au maire entre 2014 et 2020, il revendique également son soutien à l’armement partiel de la police municipale.« Un policier municipal, c’est un humain confronté à des situations où il peut être en danger. » Selon lui, la priorité n’est pas d’augmenter massivement les effectifs, mais de mieux les déployer. « Il faut les faire travailler au bon endroit, aux bonnes heures. »

Le modèle Béziers

Le 15 janvier dernier, Éric Peyrègne, candidat UDR soutenu par le Rassemblement national, fait également de la sécurité le pilier de son projet lors d’une réunion publique à Tarbes. Le candidat promet alors une sécurité renforcée, comme à Béziers et Perpignan et des projets ambitieux, dont une Aréna de 5 000 places. Il dénonce une insécurité croissante et propose notamment de tripler les effectifs de police municipale, d’ouvrir des postes de police place Verdun et à l’Arsenal, et de renforcer l’éclairage public. « J’en ai assez de voir des SDF enivrés qui agressent les Tarbais », a-t-il également déclaré.

Cependant, certaines décisions et projets de campagnes suscitent le débat parmi les candidats en lices. Du côté du Collectif Unitaires, conduit par Kévin Gracia, l’enjeu sécuritaire est reconnu également. Cependant, le chef de file reviens sur le modèle revendiqué par le candidat soutenu par le RN. « Non, le modèle de Béziers n’est pas souhaitable pour Tarbes. Certes, l’insécurité est une préoccupation légitime qui doit être traitée. Mais sans stigmatiser, sans installer la peur et sans opposer les habitants entre eux. » Ce pourquoi Eric Gracia a la volonté « d’appeler les médias et la société civil » à organiser des débats publics ce mois-ci.

L’hôpital de Tarbes

Derrière les divergences sur la sécurité, c’est une certaine conception de la ville et de l’action publique qui s’affronte. Présence policière accrue, commissariat au cœur des quartiers sensibles, refus d’une approche jugée anxiogène… La sécurité concentre aujourd’hui les crispations et structure les discours de campagne.

Ce débat semble presque être omniprésent, alors que le projet d’hôpital unique à Lanne, dans les tuyaux depuis près de vingt ans, entre dans une phase décisive avec le dépôt annoncé du permis de construire au premier trimestre 2026.

Extrait de Michaël Ducrocq, revenant sur la situation du projet de l’hôpital à Lanne