À l’approche des élections municipales de 2026, une seule liste est pour l’instant officiellement déclarée au Carla-Bayle, celle du maire sortant. Une configuration qui pourrait laisser croire à un consensus local. Pourtant, dans ce village d’un peu plus de 800 habitants, les débats existent bel et bien.

À la tête de la commune ariégeoise, Jean-François Sans dirige une équipe municipale depuis 2023 après le décès de l’ancien maire, Jean-Luc Couret. Pour ces prochaines élections, il compte recomposer le conseil municipal : “L’innovation, c’est de renouveler près de la moitié du conseil municipal sortant, avec davantage de jeunes, et aussi de féminiser l’équipe”, explique-t-il. Autre objectif affiché : mieux représenter l’ensemble du territoire communal, “que tous les principaux hameaux soient présents au sein du conseil.”
Mais au-delà de la composition de l’équipe municipale, ce sont surtout les réalités matérielles qui s’inscrivent dans un contexte local marqué par plusieurs dossiers sensibles.
“Les transports dans toute la vallée sont déficitaires”
Parmi les principaux points de friction évoqués figurent l’entretien des bâtiments communaux et la gestion d’un patrimoine jugé parfois trop lourd pour une petite commune. “Pendant près de trente ans, certains bâtiments ont vieilli. Aujourd’hui, on est confronté à des normes de sécurité très strictes. J’ai eu des contrôles qui nous ont clairement mis en garde”, détaille le maire.
La préfecture, notamment sur les questions de sécurité incendie, exerce une vigilance accrue. “En cas de problème, il faut pouvoir évacuer vite”, rappelle-t-il.
Autre sujet sensible : l’accès aux services, en particulier la santé et les transports.
Certains habitants regrettent cet éloignement, mais pour cette habitante du village, la création d’une nouvelle maison de santé au Fossat, à trois kilomètres du village, lui a permis de faciliter ces rendez-vous : “Mon mari et moi y allons régulièrement avec des rendez-vous assez rapides. Ca nous permet de pas à nous avoir à nous déplacer bien plus loin comme à Pamiers par exemple.”
En effet, la commune n’est pas équipée de transports en commun suffisants pour faciliter le déplacement : “Les transports dans toute la vallée sont déficitaires. Ça dépend beaucoup du département et de la région”, reconnaît Jean-François Sans, maire du Carla-Bayle et Vice-président au sein de la Communauté de communes Arize-Lèze, pointant des compétences qui dépassent l’échelle communale.
Urbanisme, environnement et désaccords assumés
Les projets d’aménagement suscitent également des débats. Si de nombreuses familles construisent de nouvelles habitations, sur le terrain ce n’est pas la même chose. Le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), qui vise notamment à réduire les surfaces constructibles, pourrait être un frein pour les habitants, dans un village pourtant attractif. “Les prix restent très abordables par rapport aux communes voisines. Mais on est déjà à 80 % des capacités prévues”, explique le maire.
Un peu plus en bas du village : la base de loisirs du lac, lieu central de la vie locale. Ce grand plan d’eau cristallise aussi certaines tensions. Bruit, afflux touristique, stationnement des camping-cars. Pour y répondre, la municipalité assure la création d’une aire de camping-cars encadrée, avec le soutien de la région et de l’État, ainsi qu’une aire de bivouac.
“L’objectif, c’est que le lac reste un lieu vivant, partagé et intergénérationnel”, insiste le maire. Des mesures de régulation ont également été mises en place, notamment avec l’intervention d’un garde particulier pour encadrer la pêche et limiter les nuisances.
Autant de dossiers qui alimentent les échanges locaux, dans un contexte électoral pour l’instant sans concurrence déclarée. Une liste d’opposition peut encore émerger. Le dépôt des candidatures reste ouvert jusqu’au 26 février.
Chloé Bocanegra


