Rechercher

Au Carla-Bayle, à l’approche des municipales, la vie du village avant tout


À l’approche des municipales de 2026, ce petit village d’Ariège s’apprête à vivre une campagne singulière, avec une seule liste officiellement déclarée à ce stade. Ici, la politique ne se joue pas dans les meetings mais dans les échanges du quotidien, entre élus et habitants qui se croisent dans les rues ou autour d’un café.

Le village du Carla-Bayle en Ariège.

Tristan Rà, peintre phare du Carla-Bayle, habite le village depuis près de quarante ans. “Quand je me suis installé ici, ce que j’ai aimé, c’est la dynamique du village. C’est assez social, et pour moi, c’est une question centrale pour ces municipales”, explique-t-il, assis sur un divan entouré de ses œuvres.

À ses côtés, Jean-François Sans, le maire actuel, écoute et échange. La discussion est détendue, presque familière. “Avant, il y avait Jean-Luc. Jean-François a repris le flambeau et on a gardé cette harmonie au Carla. Et ça, c’est aussi grâce au vote”, poursuit l’artiste.

Au Carla-Bayle, élus et habitants se croisent régulièrement. Les frontières entre sphère politique et vie quotidienne sont poreuses, parfois inexistantes.

Perché sur une colline d’Ariège, Le Carla-Bayle domine la vallée avec ses façades colorées et ses ruelles étroites. Environ 800 habitants y vivent à l’année. Ancien bastion protestant, le village a su préserver une identité forte, mêlant patrimoine historique, vie culturelle et esprit villageois.

À l’approche des élections municipales de 2026, la commune s’apprête pourtant à vivre une campagne singulière. Une seule liste est officiellement déclarée à ce stade, celle du maire sortant. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 26 février prochain. 

Ici, plus que les étiquettes ou les programmes, ce sont les questions du quotidien qui préoccupent les habitants.

Voter, même sans suspense

Devant la maison du peintre, profitant du soleil hivernal, deux hommes assis sur un muret saluent le maire. Lorsque le sujet du vote est évoqué, les sourires apparaissent.
“On ne va pas voter pour lui, ah ah”, plaisantent-ils, avant de préciser, mi-sérieux, mi-amusés, que leur participation au scrutin ne fait pourtant aucun doute.

Le maire Jean-François Sans et Henri Sans, habitant du village.

Même avec une seule liste en lice, l’acte de voter reste important pour beaucoup. Une question de principe, plus que de choix.

Pour Henri Sans, 81 ans, la confiance joue un rôle central : “Si on n’avait pas confiance, on pourrait aussi ne pas voter. Mais ici, il y a cette idée de convivialité.”

Si un climat de confiance semble dominer, cela n’empêche pas les désaccords. Au contraire. “On n’a une discussion intéressante que quand on n’est pas du même avis”, insiste Henri. 

Il reprend : “On n’a pas encore vu la liste et la photo, c’est quand ?”. Le maire amusé répond avec un sourire en coin : “Dimanche, je te le dirai au café”.

Chloé Bocanegra