À l’approche des élections municipales, la sécurité et la vitalité du centre-ville s’imposent comme des thèmes majeurs du débat local. Entre inquiétudes persistantes et attentes concrètes, commerçants, habitants et usagers du centre-ville dressent le portrait d’une ville confrontée à plusieurs défis du quotidien.
Dans les rues animées de Tarbes, les conversations reviennent régulièrement sur les mêmes sujets. La sécurité, d’abord. Selon les derniers chiffres disponibles, la ville a enregistré en 2024 près de 2 717 crimes et délits pour 44 529 habitants, soit un taux de criminalité de 69,7 faits pour mille habitants. Un niveau qui place Tarbes au 2 653e rang des villes les plus exposées à l’insécurité en France.
De coté des forces de l’ordre, ils disent avoir intensifié leurs opérations depuis le début de l’année, particulièrement dans ce quartier de l’Arsenal. L’agression au couteau d’un jeune de 18 ans, survenue le 3 janvier, a relancé le débat et conduit à l’annonce de nouvelles mesures, associant surveillance accrue et actions de prévention. Plusieurs aménagements ont d’ailleurs été réalisés ces dernières années, notamment l’installation de caméras supplémentaires et l’amélioration de l’éclairage public.
Place Verdun, symbole des inquiétudes sécuritaires
Malgré ces dispositifs, de nombreux habitants expriment un sentiment d’insécurité persistant, y compris en pleine journée. Sur la place Verdun, artère centrale et très fréquentée, plusieurs commerçants décrivent un climat préoccupant. Asmaa, habitante d’une quarantaine d’années, évoque une vigilance constante :
« Il n’y a pas assez de sécurité, surtout sur la place Verdun. Certaines rues ne me semblent pas sûres pour que mes filles s’y déplacent seules. » Juste à coté, Marie, responsable d’une auto-école, partage ce ressenti. Derrière son comptoir, elle confie redouter certaines situations : « Il m’arrive de rester enfermée toute la journée par crainte. J’ai déjà dû faire sortir des personnes perturbatrices en demandant l’aide de commerçants voisins. »
Aux abords de la fontaine, décorée d’affiches annonçant le prestigieux tournoi des Petits As, Estelle, directrice du bar-restaurant de l’Europe, décrit un épisode marquant. Une altercation violente entre deux femmes, sous les yeux des enfants de l’une d’elles, avait nécessité l’intervention des clients pour mettre les mineurs à l’abri avant l’arrivée des forces de l’ordre. Tandis que la mère de famille était allongée au sol, le visage ensanglanté. Ce soir-là, en pleine saison estivale, l’établissement n’avait accueilli que 18 couverts, témoignant selon elle de l’impact direct de ces incidents sur l’activité économique locale.

Un centre-ville en quête de renouveau
Autre préoccupation récurrente ? L’attractivité du centre-ville. Lancé en 2021, le programme « Action Cœur de Ville » avait engagé 29 opérations de rénovation pour un montant de 25 millions d’euros. Cinq ans plus tard, les habitants reconnaissent certaines améliorations, tout en estimant que les résultats restent insuffisants.
Installés en terrasse à l’heure du déjeuner, deux salariés des Galeries Lafayette évoquent la transformation du commerce local. « Les zones commerciales périphériques se développent, mais le centre-ville perd de sa vitalité. Beaucoup de boutiques ferment sans être remplacées », observe Loïc, responsable merchandising.
Sabine, conseillère de vente, souligne également la baisse de fréquentation : « Le centre s’est embelli, mais cela ne suffit pas à ramener les clients. »
La fermeture récente de l’enseigne Stradivarius, le 24 décembre, illustre cette tendance. Un événement qui a marqué les habitants et fragilisé l’emploi local, dix salariés ayant été concernés.
Propreté urbaine et cadre de vie, des attentes fortes
Au-delà du commerce, la question de la propreté revient fréquemment dans les discussions. Plusieurs riverains pointent l’état de certaines rues, évoquant un manque d’entretien et d’équipements adaptés pour la gestion des déchets. Des étudiants de l’IUT évoquent également un sentiment de dégradation du cadre de vie. L’un d’eux estime que la ville souffre d’un manque d’attractivité globale, tandis qu’un camarade insiste sur la nécessité de multiplier les points de collecte des déchets afin d’améliorer la gestion quotidienne des ordures. Dans leurs propos revient aussi la question de la sécurité nocturne, particulièrement autour de l’Arsenal, devenu selon eux un secteur sensible au fil des années.
Autant de thèmes qui devraient structurer la campagne municipale dans les jours à venir et sur lesquels les candidats seront attendus au tournant. Les électeurs seront appelés aux urnes les 15 et 22 mars 2026, deux échéances qui détermineront l’orientation politique et les priorités d’action de la ville pour les prochaines années.


