À Saint-Jory, commune de près de 9 000 habitants au nord de Toulouse, les élections municipales de mars 2026 se dérouleront dans un contexte politique particulier. À ce stade de la campagne, deux listes sont officiellement connues.
Lors des municipales de 2020, Saint-Jory avait basculé à droite avec l’élection de Thierry Fourcassier (LR). Le mandat sera toutefois profondément marqué par une affaire judiciaire. En 2024, l’ancien maire est mis en cause dans une enquête portant notamment sur des faits présumés de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent. Placé en détention provisoire, il est ensuite remis en liberté sous caution, dans l’attente de la poursuite de la procédure judiciaire, susceptible de déboucher sur un renvoi devant le tribunal à une date ultérieure.
Cette séquence entraîne une recomposition de l’exécutif municipal en cours de mandat. Elle intervient après un scrutin de 2020 marqué par une forte abstention, proche de 47 %, en nette hausse par rapport à 2014.
Un maire arrivé en cours de mandat
Le 3 décembre 2023, le socialiste Victor Denouvion est élu maire de Saint-Jory avec près de 80 % des voix, pour remplacer Thierry Fourcassier. Âgé de 34 ans, l’élu socialiste occupait déjà plusieurs responsabilités au niveau départemental, en tant que conseiller départemental du canton de Castelginest et vice-président du conseil départemental de la Haute-Garonne, notamment en charge de la bifurcation écologique. Il préside également Haute-Garonne Numérique.
Sur le plan budgétaire, la nouvelle équipe a hérité d’une situation dégradée. Un audit réalisé en 2024 évoque un déficit d’un 1,4 million d’euros, qui a conduit la municipalité à voter une hausse de 10 % des impôts locaux.
Depuis son arrivée, l’exécutif municipal s’est concentré sur le fonctionnement des services, la stabilisation financière et la reprise de dossiers restés en suspens. Plusieurs projets ont été remis à l’agenda municipal, dont une maison de santé récemment entrée dans une phase plus concrète, ainsi que des opérations sur les équipements publics et l’aménagement communal.
À l’approche des élections, le maire sortant se projette sur le prochain mandat.
“Un des enjeux majeurs est de retrouver la confiance des habitants envers l’action publique, tout en poursuivant le redressement de la commune”, indique Victor Denouvion.
Il sera candidat à sa succession en mars 2026, avec l’objectif d’engager un mandat complet.
Une opposition resserrée à ce stade
À l’approche du scrutin, le paysage politique local reste relativement limité. À droite, aucune liste clairement identifiée issue des Républicains n’a été officiellement annoncée. Le poids de la précédente mandature et de l’affaire judiciaire continue de peser sur la recomposition de ce courant politique à Saint-Jory.
Le seul opposant déclaré et médiatisé est Clément Blot, tête de liste du Rassemblement national, qui conduira la liste « Un futur pour Saint-Jory ». Le candidat met en avant un discours axé sur la rupture avec les équipes en place et la volonté de tourner la page des années précédentes. À ce stade, il constitue la seule alternative politique clairement identifiée face au maire sortant.

