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Municipale 2026 : À Saint-Orens-de-Gameville, une élection municipale sans favori déclaré

Mairie de Saint-Orens De Gameville ©Toulouse Métropole

Le 15 mars prochain, les habitants de Saint-Orens-de-Gameville éliront leur futur maire. Deux candidates sont pour l’instant en lice. D’un côté, Dominique Faure, maire centriste depuis 2014, ancienne ministre déléguée et secrétaire d’État sous le second mandat d’Emmanuel Macron. Et de l’autre, Aude Lumeau-Préceptis, son opposante socialiste de longue date et conseillère départementale du canton de Castanet-Tolosan. S’agit-il d’un nouveau duel aux allures de 2020, ou le rapport de force a-t-il évolué ?

Dans 41 jours, les Français sont appelés aux urnes pour les élections municipales. Un scrutin particulièrement observé par les partis politiques, car il précède directement l’élection présidentielle de 2027. Une configuration qui ne s’était plus produite depuis 2001. À l’échelle nationale, ces municipales serviront de premier indicateur des rapports de force politiques à l’approche de la présidentielle.

Si l’attention se porte souvent sur les grandes métropoles, l’enjeu se joue aussi dans les communes de taille intermédiaire. Dans le bassin toulousain, certaines villes comme Labège ou Cornebarrieu ne connaissent pas de réelle confrontation électorale. À Saint-Orens-de-Gameville, en revanche, le scrutin s’annonce plus disputé. L’opposition y voit une opportunité de ne pas renouveler le mandat de la maire sortante, Dominique Faure.

La maire sortante : Dominique Faure

À la tête de la commune depuis 2014, Dominique Faure s’est imposée comme une figure centrale de la vie politique locale. Elle a quitté temporairement ses fonctions en 2022, après son élection comme députée de la 10ᵉ circonscription de Haute-Garonne.

Elle est ensuite nommée secrétaire d’État chargée de la Ruralité, puis ministre déléguée aux Collectivités territoriales. Son parcours gouvernemental s’achève en septembre 2024, à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale. Elle retrouve alors son fauteuil de maire, réélue par le conseil municipal, après l’intérim assuré par Serge Jop.

Sur le plan local, son bilan est marqué par plusieurs projets : la renaturation de la place Jean-Bellière, la réhabilitation du château Catala ou encore la mise en service de la ligne Linéo 7. D’autres chantiers restent en cours, comme la valorisation de la villa Masso, le réaménagement de la RM2 (axe stratégique entre Toulouse et Revel), la construction d’un quatrième groupe scolaire ou la transformation du centre culturel : Altigone.

Reste une question centrale dans cette campagne : ces projets correspondent-ils toujours aux priorités des habitants ? D’autant plus que Dominique Faure, élue centriste, s’est engagée ces dernières années sur la scène politique nationale. Candidate à la présidence du Parti radical (centre droit), elle s’est inclinée face à Nathalie Delattre, élue avec 65,3 % des voix. Un engagement national qui alimente les interrogations sur son implication locale, malgré deux élections municipales remportées dès le premier tour.

 L’opposition : Aude Lumeau-Préceptis

Face à elle, Aude Lumeau-Préceptis incarne une opposition municipale installée de longue date. Conseillère municipale depuis plus de onze ans, la candidate socialiste a officialisé sa candidature dès le mois de juillet.

Elle porte un projet écologique, social, solidaire tout en critiquant l’influence croissante des promoteurs immobiliers dans la commune. Ses priorités s’articulent autour des mobilités, de la sécurité et de la préservation de l’environnement. Elle défend également la remise en état de certains espaces délaissés, un meilleur accompagnement des seniors, un soutien renforcé aux associations et aux commerces de proximité, un accès facilité aux soins et une offre culturelle plus accessible.

Sur le plan institutionnel, Aude Lumeau-Préceptis est conseillère départementale du canton de Castanet-Tolosan, en charge du dialogue citoyen. Pour rappel, elle avait déjà conduit une liste de rassemblement de la gauche lors des municipales de 2020.

2026 : la revanche de 2020 ?

Lors des dernières municipales, Dominique Faure l’avait emporté avec 54,51 % des voix, contre 28,09 % pour Aude Lumeau-Préceptis. Les deux autres candidats avaient obtenu des scores plus modestes : Marc Del Borrello, ancien président de Tisséo, avec 11,98 %, et Maria Laffont, qualiticienne et auditrice, avec 5,41 %.

Pour 2026, le scrutin pourrait rebattre les cartes. Dominique Faure, forte de son ancrage local et de son expérience nationale, parviendra-t-elle à convaincre les Saint-Orennais de lui accorder un nouveau mandat ? Ou verra-t-on émerger un nouveau visage à la tête de la commune ? Pour l’instant, deux candidates sont officiellement en lice, mais le dépôt des candidatures se clôture le 26 février.