Chaque premier week-end de janvier, l’association Guitare en Scène anime Montaigut avec son festival de musique. Rencontre avec Pierre Sabo, qui nous dévoile les coulisses de cet événement devenu incontournable.
Née en octobre 2009, l’association Guitare en Scène vient de cinq amis passionnés de musique. Leur ambition : créer un festival à Montaigut qui ne se contenterait pas d’être une simple animation ponctuelle. « Le festival, c’est la seule animation de l’année. On se voit une fois par mois à partir de septembre pour une réunion de préparation du festival en juin », explique Pierre Sabo, bénévole de l’association.
Une structure bien rodée anime l’ensemble : huit bénévoles occupent le bureau et s’occupent de l’organisation tout au long de l’année. Un autre groupe commence à travailler peu de temps avant le festival pour s’occuper de la communication, et plus de 60 personnes, de 15 à 75, ans se mobilisent pendant le week-end du festival.
Le festival bénéficie d’un soutien financier conséquent avec 35% de subvention publique, 30% de subvention privée et 35% provenant de la de billetterie et de la buvette. Un équilibre qui permet à l’association de tenir bon. Avec à peu près 1000 spectateurs par édition, la trésorerie est juste. « Le mieux serait qu’il y ait 20 à 25% de personnes en plus, s’il y en a plus que ça on ne pourra pas les recevoir », explique Pierre Sabo.
Deux programmateurs, deux univers
Jusqu’en 2023, le programmateur était un guitariste de blues. « Le festival, c’était rock blues, mais le blues attire de moins en moins », reconnaît Pierre Sabo. Comprenant que si cette formule continuait, le déficit risquait lui aussi de continuer, il a décidé de quitter l’association pour se consacrer au nouveau groupe qu’il venait d’intégrer. Il a tout de même présenté un nouveau programmateur avant de partir : un saxophoniste. C’est à son arrivée que le nom du festival a changé et est passé de Guitare en Save à Sav’A Groover.
Maintenant, le festival propose plusieurs styles de musiques différents. « Le terme musique atypique est peut-être un peu fort, on essaye d’avoir des musiques du monde et différents styles. Le but est de faire marcher la culture locale », souligne Pierre Sabo.
Des ajustements pour tenir les comptes
Malgré ces ajustements, l’association reste prudente. « On a arrêté de faire à manger et mis en place des food trucks car ce n’était pas rentable, explique Pierre Sabo, s’il y a des intempéries le dimanche soir on se retrouve avec 10kg de frites et de saucisses gaspillés. » Ils ne louent pas non plus de place aux food trucks, mais prennent un pourcentage de leur chiffre d’affaires. « Ça nous fait à peu près 1000€ durant le week-end », se satisfait Pierre Sabo.
La localisation a changé en même temps que le nom du festival. Passer de la forêt de Bouconne à la scène devant la salle des fêtes a permis de réduire les coûts investis dans les installations. Elles se font du jeudi soir au vendredi matin. Une gestion rigoureuse qui permet au festival Sav’A Groover de perdurer et de continuer à faire vibrer Montaigu chaque début d’été.


