Dans une ferme équestre familiale situé à Daux, Cécile Dary a fait le choix d’une autre équitation. Après une carrière toute tracée et une année décisive en Australie, elle revient à l’essentiel, écouter les chevaux et comprendre leurs besoins. Chez l’animal comme chez l’humain.
Tout commence pas très loin d’ici, au lac de la Ramée, près de Toulouse. Elle n’a que quatre ans quand elle monte pour la première fois sur un poney. Le coup de foudre est immédiat. Malgré la peur de sa mère et les réticences familiales, Cécile insiste. À quinze ans, elle sait déjà que les chevaux feront partie de sa vie. Mais elle s’en éloigne.
Études, école de commerce à Paris, monde de l’entreprise… jusqu’au jour où elle craque. À 30 ans, elle part seule en Australie. Une année décisive. Là-bas, elle travaille dans plusieurs écuries, notamment une spécialisée en équitation éthologique, une approche encore marginale en France. Observer les chevaux avant de les diriger. Comprendre leur langage corporel. Repérer les signes de stress, de peur ou de mal-être. « Un cheval qui tique, qui tourne en rond, ce n’est pas un cheval capricieux. C’est un cheval qui souffre. »
« Bouger librement, vivre en troupeau, manger en continu«
Cécile apprend à déconstruire des pratiques ancrées depuis des décennies, box fermés, solitude, alimentation inadaptée, surcharge de travail. Trois besoins fondamentaux guident désormais son travail, « bouger librement, vivre en troupeau, manger en continu. » Des évidences pour elle, encore trop peu appliquées en France.
À son retour en France, Cécile se forme d’abord à la randonnée équestre au pôle équestre de Léran, où elle obtient en 2018 le diplôme d’Accompagnateur de Tourisme Équestre (ATE). En 2020, elle passe le BPJEPS mention activités équestres au Club Hippique de Pibrac, avec un stage au poney-club de Fenouillet. La même année, elle se forme à la médiation équine. Le but premier est d’avoir une approche qui place le cheval au cœur de la relation et qui transforme la pratique classique de l’équitation.
En 2023, elle s’installe à Daux, dans la propriété de ses parents. Elle recueille ses propres chevaux, dont Évian, marqué par la maltraitance. Entre eux, un lien fort se tisse. Et ce lien, elle le partage aussi avec des jeunes en difficulté. Des adolescents souvent trop peu écoutés, tout comme les chevaux qu’elle recueille. Ensemble, ils apprennent à se faire confiance, à canaliser leurs émotions. « Les chevaux sont des miroirs. Ils ressentent tout. »
La voilà aujourd’hui, à deux pas de Montaigut-sur-Save, avec ses neuf chevaux et une écurie en cours d’agrandissement. Afin d’accueillir plus d’équidés et de licenciés.
Ilona Esposito, Clémence Riot


