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Lévignac : commune ambassadrice du don d’organes

La commune de Lévignac est ambassadrice du don d'organes. /Crédit : Clémence Roux

Depuis mai 2024, la commune de Lévignac fait partie du réseau des villes ambassadrices du don d’organes. Un dispositif encore peu répandu, qui ne concerne qu’environ 700 communes sur les près de 36 000 que compte la France.

Depuis un an, des panneaux signalant le statut de commune ambassadrice ont été installés aux entrées de Lévignac afin de rendre visible ce sujet dans l’espace public. Le don d’organes repose sur le principe du consentement présumé. Dans les faits, la décision est le plus souvent abordée avec l’entourage au moment du décès, lorsque la personne est déclarée en état de mort encéphalique – mort cérébrale – dans un service de réanimation.

« Le don d’organes permet à des personnes décédées de sauver des vies. C’est un geste simple : il suffit d’en avoir parlé à ses proches », rappelle Maxime Saleix, chargé de communication de la mairie de Lévignac.

Des refus encore fréquents

Serge Gouteyras, président de l’association France ADOT 31, engagée dans la promotion du don d’organes en Haute-Garonne, rappelle que les refus restent nombreux. « Plus de 40 % des prélèvements d’organes ne sont pas réalisés. Ce ne sont pas les personnes décédées qui refusent, mais leur entourage, le plus souvent parce qu’on n’en a jamais parlé ou très peu dans les familles », explique-t-il.

Un constat confirmé au niveau national. Selon l’Agence de la biomédecine, l’opposition des proches concerne environ 36 % des situations dans lesquelles un prélèvement pourrait être envisagé. Les enquêtes d’opinion montrent pourtant qu’environ 80 % des Français se déclarent favorables au don d’organes, mais près d’une personne sur deux n’a jamais abordé le sujet avec ses proches.

Cette absence de discussion préalable complique la prise de décision au moment du décès. « La personne est maintenue sous assistance respiratoire, le cœur bat grâce aux machines et aux médicaments. Pour les proches, elle n’est pas perçue comme décédée, alors que médicalement, si l’assistance est arrêtée, elle l’est », précise Serge Gouteyras, qui intervient régulièrement dans les établissements scolaires pour informer sur ces situations.

Informer en dehors des situations d’urgence

Pour France ADOT 31, l’information en amont constitue un élément central pour réduire les refus. « Quand le sujet a été abordé auparavant dans les familles, il y a beaucoup moins de refus », souligne son président. Le dispositif des communes ambassadrices vise ainsi à maintenir la question du don d’organes dans l’espace public, en dehors des contextes d’urgence médicale.

Au niveau national, les besoins restent importants. D’après l’Agence de la biomédecine, plus de 22 000 patients étaient inscrits sur la liste d’attente pour une transplantation au 1ᵉʳ janvier 2025.