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La sécurité des piétons au carrefour de Montaigut-sur-Save 

Le "goulot d'étranglement" de Montaigut-sur-Save

Le carrefour central de Montaigut-sur-Save, en Haute-Garonne, suscite des débats sur sa sécurité, notamment pour les piétons qui traversent face à un trafic intense de 500 000 véhicules aux heures de pointe. 

Dès 7 heures du matin, le centre du village de Montaigut-sur-Save est engorgé par une ribambelle de voitures. Pour les piétons, impossible de traverser prudemment. Le manque de passage piéton en direction du pont qui surplombe la Save, un manque de visibilité pour toutes les voitures qui jouent avec les priorités à droite, est flagrant.

Ce point névralgique, à l’intersection d’une ancienne route nationale 224 et de deux routes départementales, voit défiler un volume colossal de voitures reliant Toulouse à Cadours. Les piétons, souvent pressés près de l’église du village, engagent la priorité à droite sans visibilité optimale, créant des ralentissements naturels mais aussi des tensions. La configuration incite les conducteurs à freiner brusquement, un facteur amplifié par des traversées imprudentes.

Une priorité de mandat ?

Élu depuis 2020, François Codine a fait de la sécurité routière son cheval de bataille, avec une vidéo montrant le chaos à 17 h devant l’église. « Pas du tout dangereux en soi, mais le vrai problème, c’est la priorité à droite qui force à ralentir », explique-t-il dans son interview. Il évoque les refus des services de l’État (DIRSO) pour des feux tricolores ou des dos-d’âne, interdits sur cet axe à fort passage, et les coûts hors de prix pour le village (2-3 millions d’euros) pour raser l’église ou des maisons voisines afin de régler le problème. Le maire insiste sur le rôle des piétons : leur insertion soudaine dans le flux, sans aménagement, transforme le croisement en piège.

À Montaigut-sur-Save, ce « jeu de la priorité » incite certains à s’engager sans céder, forçant les autos à piler et créant un effet domino. Dans son second mandat, François Codine vise à fédérer la communauté de communes des Hauts Tolosans et Saint-Paul pour partager les coûts, après six ans de lobbying. En attendant, un autre accès a été mis en place en passant par le lotissement de maisons. Cependant, cette route finit en sentier de forêt assez inaccessible pour les personnes en situation de handicap ou les jeunes parents avec des poussettes. Le but ? Mettre en sécurité les habitants de la commune, transformant ce « goulot d’étranglement » en axe plus fluide pour les voitures.