En France, un nouveau projet de loi prévoit d’interdire les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. Dans les zones rurales, comme à Montaigut-sur-Save, cette nouvelle loi divise.
Examinée à partir du lundi 26 janvier à l’Assemblée nationale, la proposition de loi portée par la députée Renaissance Laure Miller vise à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Son entrée en vigueur est souhaitée dès la rentrée prochaine, via une procédure accélérée soutenue par le Président de la République. Le texte entend protéger les jeunes des contenus inadaptés et du cyberharcèlement. Il prévoit également l’interdiction des téléphones portables dans les établissements scolaires. S’il pose le principe d’une interdiction générale des réseaux sociaux, assortie de quelques exceptions à vocation éducative, les modalités concrètes restent floues, notamment concernant la vérification de l’âge des utilisateurs. Celle-ci pourrait s’inspirer des dispositifs mis en place en 2024 pour les sites pornographiques. Sous contrainte du droit européen, la loi ambitionne de rendre illicites les comptes de mineurs de moins de 15 ans en France, afin de contraindre les plateformes à s’y conformer.
Une mesure qui ne fait pas l’unanimité
Du côté des parents, les réactions sont partagées. Coline, maman de deux enfants de 6 et 10 ans : « Je pense que c’est plutôt aux parents de surveiller ce que leurs enfants font sur les téléphones. Pour moi, ça ne mérite pas forcément une loi. Mon plus grand fils a accès aux réseaux sociaux, mais je supervise ce qu’il fait et ce qu’il regarde. Moi-même, avant mes 15 ans, j’avais accès à plusieurs réseaux sociaux. Bien sûr, je pense qu’il y en a qu’il ne faut pas télécharger, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut tout interdire. Ça permet aussi aux enfants de continuer à communiquer en dehors de l’école, et je pense que c’est plutôt positif. »
À l’inverse, pour Amélie, maman d’une petite fille de 9 ans en classe de CM1, cette loi est une très bonne chose. « Les réseaux sociaux, ça peut être quelque chose de très mauvais, surtout pour les enfants. À la maison, elle n’a accès à rien. Elle ne regarde pas de vidéos sur YouTube, elle ne va pas sur Instagram. Elle me le demande parfois, mais c’est non.«
Le rôle des parents
Et en milieu rural, est-ce que l’interdiction des réseaux sociaux pourraient renforcer un sentiment d’exclusion des plus jeunes ? Pour Amélie, maintenir le lien social relève avant tout du rôle des parents : « Quand les enfants ont envie de se voir à la maison ou en dehors de l’école, c’est moi qui envoie des messages aux parents. Je ne pense pas que ça les prive d’un lien social, bien au contraire.«
Pour l’instant, à Montaigut-sur-Save, la question divise. Si certains parents saluent une mesure protectrice, d’autres redoutent une coupure supplémentaire dans des territoires où les occasions de sociabilité sont déjà limitées. Le débat, lui, ne fait que commencer.


