Fissures, murs qui bougent, inquiétude des habitants : à Lévignac, la commune relance une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour 2025, afin de permettre l’indemnisation.
Cette année encore, la commune va procéder à une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle auprès des services de l’Etat pour l’année 2025. Les administrés ayant subi des dommages sont invités à constituer un dossier et à le déposer en mairie avant le lundi 23 mars 2026. Une reconnaissance compliquée à recevoir qui permettrait aux sinistrés d’être indemnisés par les assureurs.
Un problème qui vient des sols trop argileux
Pour la commune de Lévignac et toute la vallée de la Save, le problème vient des sols. « La terre est très argileuse », détaille Maxime Saleix, responsable communication de la mairie. « Lorsqu’il y a des crues assez importantes, notamment en ce moment parce qu’il pleut beaucoup, ça impacte la terre et les fondations parfois des maisons. Ça ne veut pas dire que les maisons sont construites sur des terrains non-constructibles. Le but, c’est que tous les ans, on fait un appel aux administrés, à la population, pour que toutes les personnes sinistrées impactées soient reconnues. »
Obtenir cette reconnaissance est un véritable combat pour la commune. D’autant plus pour la mairie : « Nous, ce qu’on revendique à Lévignac, c’est que toutes les communes autour sont reconnues sauf nous, et ce, depuis 3 ou 4 ans. Et du coup, c’est un peu l’incompréhension pour tout le monde. Ils se disent ‘Pourquoi nous non mais la commune à 2 km, elle, a été reconnue ?’. »
Des fissures présentes en centre-ville
Dans les ruelles du centre ville, près de la Save, beaucoup de vieilles maisons présentent des fissures importantes sur leurs façades. D’autres le mur se décale, voire s’effrite. Pour Mireille*, retraitée installée dans la commune depuis quelques années, le problème est important. « C’est peu après l’épisode pluvieux d’octobre que j’ai commencé à voir une légère fissure sur le mur extérieur. J’ai fait des photos. Il faudra que je fasse le dossier à la mairie. »
Mais sur les hauteurs de la ville, le long de l’Avenue de Bouconne, les habitants sont plus mitigés. « Nous ici, on se connaît tous, mais on n’a rien remarqué et personne n’a signalé quoi que ce soit », raconte Mathieu*, homme au foyer.
Catastrophe non-reconnue l’année dernière
L’année dernière, malgré le soutien du député local Arnaud Simion, la demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle au titre de la sécheresse de l’année 2024 n’a pas été retenue.
L’analyse s’appuie sur l’indice d’humidité des sols pour caractériser l’intensité du phénomène de sécheresse. Or, pour Lévignac :
- L’indice d’humidité des sols présente une période de retour inférieure à 10 ans, ce qui ne permet pas de considérer le phénomène comme anormal ;
- Le territoire communal n’a pas connu une succession anormale d’épisodes de sécheresse et de réhydratation significatifs sur la période concernée ;
- Les communes limitrophes n’ont pas été confrontées à une situation hydrométéorologique anormale, ce qui confirme l’absence de caractère exceptionnel du phénomène au niveau local.
Cette année, la commune souhaite donc ardemment obtenir cette reconnaissance de l’état. « Le plus absurde, c’est que ce n’est pas l’importance des dossiers mais c’est le nombre qui est pris en compte par l’Etat », explique Maxime Saleix, responsable communication. « On incite les habitants à poser leur dossiers en maire, même plusieurs fois si il le faut. »
* : Pour des raisons d’anonymat, les noms ont été changés.


