Dans la région toulousaine, la mobilisation des agriculteurs se poursuit depuis début janvier, pour dénoncer des revenus insuffisants et des conditions de travail de plus en plus difficiles. Mardi 27 janvier, sept agriculteurs ont été interpellés lors de nouvelles manifestations à Toulouse. Dans les villages alentours, loin des blocages, d’autres agriculteurs partagent cette frustration tout en continuant leur travail quotidien.
Sept interpellations pour refus d’obtempérer ont eu lieu lors d’une manifestation d’agriculteurs mardi 27 janvier à Toulouse. Ces actions s’inscrivent dans un mouvement de colère qui touche le monde agricole depuis quelques semaines. Dans la nuit du 15 au 16 janvier, des agriculteurs avaient déjà mené une action de blocage sur la commune de Montaigut-Sur-Save, où plusieurs routes ont été bloquées par des bottes de paille. Patrick Lippi, agriculteur en bio à Launac et gérant de la marque Cocotte et Potiron, comprend cette colère. « Ce qui est utile avec ces manifestations, c’est de pouvoir faire prendre conscience aux gens des difficultés du monde agricole », explique-t-il. Lui-même ne parvient pas à vivre de son exploitation : « Avec les revenus que je gagne aujourd’hui, je ne peux pas vivre décemment par rapport au travail fourni », regrette-t-il. Il a d’ailleurs ouvert Granibio, un magasin de vente directe, à Cadours en 2021 pour s’en sortir.
Des causes multiples
Pour Patrick Lippi, les difficultés s’accumulent. « Ce sont les aléas climatiques qui mettent le plus nos exploitations en difficulté », souligne-t-il, pointant également le coût élevé des investissements, notamment dans le matériel et l’outillage. Mais c’est surtout la répartition de la valeur du produit acheté en supermarché qui pose problème : « Dans un panier moyen de supermarché, l’agriculteur touche moins de 10% du prix de vente. Ce sont les intermédiaires, les transformateurs, qui prennent la plus grosse partie ». Même s’il est concerné et qu’il comprend la colère des agriculteurs, il n’est pas toujours d’accord avec la méthode : « Je suis attaché à l’état de droit. Ce n’est pas bien de dégrader les biens publics, même si la cause est vraiment juste. » Pour Patrick, la priorité est que le gouvernement « éduque les consommateurs » et favorise l’achat de produits peu transformés où la part revenant aux agriculteurs est plus importante.


