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À Montaigut-sur-Save, la vie locale cherche son bistrot

Crédit : Elina Lacoste

À Montaigut-sur-Save, le sujet revient souvent dans les conversations, sur la place du village comme dans les réunions municipales : l’absence d’un bistrot. Les habitants évoquent un lieu de vie, un espace où l’on se croise, où l’on prend le temps d’échanger.


“C’est vrai que je ne comprends pas pourquoi ce bistrot ne fonctionne pas bien. Mon mari me disait qu’avant, il marchait beaucoup”, confie Françoise Roussel, habitante de la commune. Un souvenir partagé par d’autres, qui évoquent une époque où le café faisait office de point de repère, de lieu de passage obligé. C’est précisément pour répondre à ce manque qu’est né Le Petit Montaigut, le café associatif installé dans la maison des associations, entre la mairie et la pharmacie. “On a senti qu’il y avait ce besoin-là dans le village”, explique Cécile Buissière, ancienne trésorière et bénévole de l’association.  “Le café du village, c’est quelque chose de très français. Ici, il manquait vraiment.” Dans une commune où une grande partie des habitants travaille à l’extérieur, les occasions de se croiser sont rares. “Il n’y avait pas beaucoup d’endroits où les gens pouvaient se retrouver, que ce soit à la sortie de l’école ou le soir. Le café a permis ça”, poursuit-elle. Ouvert uniquement le vendredi soir, Le Petit Montaigut est rapidement devenu un point de rendez-vous attendu.

Discussions autour d’un verre, musique, parfois des concerts organisés l’été dans la cour extérieure. L’ambiance se veut conviviale et ouverte à tous. “On sentait que les gens étaient contents de se retrouver. Il y avait une vraie mixité, de tous les âges”, se souvient Cécile Buissière. Certaines soirées ont même attiré beaucoup de monde, confirmant que l’attente était bien réelle.

Un lieu apprécié, mais fragile

Malgré cet engouement, le café associatif reste fragile. Les ambitions initiales d’ouvrir en journée, accueillir les parents après l’école autour d’un café ont dû être revues à la baisse. Le problème étant l’état du bâtiment et le manque d’espace, accentué par l’installation de la bibliothèque dans les mêmes locaux. “Aujourd’hui, le lieu n’est plus vraiment adapté”, reconnaît l’ancienne trésorière. Le fonctionnement repose également sur l’engagement bénévole, difficile à maintenir sur la durée. Une réalité commune à de nombreux cafés associatifs en milieu rural. “Il marche très bien, mais les horaires sont forcément limités”, confirme François Codine, le maire de Montaigut-sur-Save. Pourtant, le besoin d’un bistrot reste évident. “Ce qui manque aujourd’hui, c’est un bar, un café, un endroit où les gens se retrouvent”, reconnaît l’élu, qui ne cache pas son souhait de voir, à terme, l’installation d’un véritable bistrot dans le village.

Quand le bistrot pose la question du commerce

Derrière cette envie se cache toutefois une réalité plus complexe. Faire vivre un bistrot, c’est aussi faire vivre un commerce. “Il n’y a jamais assez de commerces, mais quand on est commerçant, il faut aussi pouvoir en vivre”, souligne François Codine. Le métier implique de longues amplitudes horaires et un fort investissement humain. La configuration du centre-bourg complique encore la donne, notamment en matière de stationnement. “Les gens aimeraient se garer juste devant le bar ou la boulangerie”, constate le maire. À Montaigut-sur-Save, il faut parfois accepter de marcher quelques centaines de mètres. “C’est une habitude à prendre, mais ce n’est pas toujours évident.” Pour autant, certains commerces parviennent à fonctionner, preuve que l’effort peut être consenti lorsque l’offre est de qualité. Boulangerie, pharmacie, bureau de tabac, épicerie ou coiffeur composent aujourd’hui le paysage local. “Si la boulangerie marche, c’est parce que le pain est bon”, insiste l’élu.