Lundi soir, le Palais des Sports de Toulouse ne vibrera ni pour le handball ni pour le basket, mais pour une rencontre de Pro A de tennis de table. Pour la première fois de son histoire, l’Alliance Nîmes-Montpellier (ANMTT) délocalise un match de championnat par équipes. À l’affiche, les frères Alexis et Félix Lebrun face au toulousain, Simon Gauzy. Mais derrière l’affiche, une question reste ouverte : cet engouement est-il seulement une « vague Lebrun » ou signe-t-il un véritable renouveau pour le tennis de table ?
En 2025, la Fédération française de tennis de table recense près de 250 000 licenciés, un record, répartis dans plus de 3 000 clubs.
« Il y a clairement un avant et un après les Jeux », observe Simon Van Haute, responsable de la communication de Pongistic et de la Ligue Occitanie.
Dans les clubs, comme celui de Saint-Orens près de Toulouse, le nombre de licenciés continue de progresser. « Nous sommes passés de 180 à 250 en 2025. C’est un record pour nous », explique Dominique Paillet, président du club. « On retrouve d’anciens joueurs, mais aussi beaucoup de nouveaux venus »
« Nos cours sont toujours complets »
Un an après les Jeux, une légère baisse était attendue. « Nous pensions perdre environ 10 %. C’est ce qui s’est produit, mais le nombre de licenciés reste très élevé », ajoute-t-il. Cette croissance pose néanmoins des contraintes sur les infrastructures. « Nos cours sont toujours complets. Avant, nous avions dix tables, aujourd’hui nous en installons vingt », souligne Dominique Paillet, également élu de la Ligue Occitanie.
Mais pour de nombreux nouveaux licenciés, l’intérêt se concentre surtout sur les têtes d’affiches. « Quand je suis allé au WTT de Montpellier cette année, j’ai été frappé par la différence d’ambiance selon les joueurs », raconte un adhérent du club de Saint-Orens. « Quand les Lebrun jouaient, la salle était pleine. Dès qu’ils ont perdu, il ne restait que les pongistes réguliers. » Pourtant, le tennis de table français ne se limite pas aux frères Lebrun. La nouvelle génération masculine est incarnée en parti par Flavien Coton, 17 ans, champion du monde U15 en 2022 et champion d’Europe U21 en 2025.
Et les filles ?
Le renouveau du ping français ne se conjugue pas qu’au masculin. Les joueuses tricolores brillent tout autant à l’international, portées par une médaille de bronze historique aux Championnats du monde 2024. Voici un aperçu de leurs palmarès : Prithika Pavade : Top 35 mondial (WTT) Jia Nan Yuan : 4e place aux JO de Tokyo en double mixte Charlotte Lutz : Vice-championne du monde juniors en double en 2021 Camille Lutz : Double médaillée Championnat de France en double mixte et simple 2024 Léana Hochart : Double médaillée aux Championnats du monde U15 (par équipes et en double)
Ce constat pose la question de fond : la popularité actuelle du sport repose-t-elle uniquement sur la « vague Lebrun » ? C’est ce qui rend le pari de délocaliser un match à Toulouse risqué : licenciés et public du bassin toulousain seront-ils au rendez-vous ?
Montpellier sort de l’Hérault pour toucher un nouveau public
C’est pourquoi le choix de Toulouse n’est pas anodin. Si l’Occitanie est une terre historique de tennis de table de haut niveau, l’élite reste concentrée autour de l’ex-Languedoc-Roussillon. Toulouse, pourtant métropole régionale, ne dispose d’aucun club en Pro A.
« Ramener Simon Gauzy dans sa ville natale pour affronter les frères Lebrun donne une cohérence totale à l’événement », explique Simon Van Haute. En délocalisant ce match, l’ANMTT et le média Pongistic veulent casser la routine des rencontres à domicile et tester l’attractivité du tennis de table dans le bassin toulousain. Quelques heures avant la rencontre, le pari semble bien parti : la salle est presque pleine, et l’événement pourrait intégrer le « Top 3 » des plus fortes affluences de l’histoire du championnat.
« C’est un peu comme un PSG-OM pour les footeux »
Le coup d’envoi sera donné à 19h30. D’un côté, les frères Alexis et Félix Lebrun, accompagnés d’Antoine Hachard, Manav Thakkar et Esteban Dorr, porteront les couleurs de l’ANMTT. De l’autre, Simon Gauzy défendra Hennebont aux côtés de Vladimir Sidorenko, Lev Katsman, Zhou Qihao et du jeune Ruibo Wen, médaillé d’argent aux Mondiaux U19 2024.
Au-delà du casting, l’enjeu sportif est réel. Cette rencontre est la revanche directe de la dernière finale gagné 3-0 par ANMTT, mais les cartes ont été redistribuées : Gauzy a rejoint le club breton, Hennebont qui mène le championnat. Quant à l’Alliance Nîmes-Montpellier, elle se situe en cinquième position à ce neuvième jour de championnat. « C’est une grosse rencontre qui nous attend », confie Simon Van Haute. « C’est un peu comme un PSG-OM pour les footeux. »
Le championnat, comment ça marche ?
10 clubs qui s’affrontent en matchs aller-retour. Pour gagner la rencontre, une équipe doit valider 3 victoires individuelles. A l’issue de la saison régulière, les 4 premiers jouent les demi-finales pour tenter de remporter le titre de champion de France en équipe.
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