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Produire mieux avec moins : l’aquaponie redéfinit l’agriculture en Occitanie

Plants de chou frisé au sein de la ferme Le Poisson Maraîcher à Pinsaguel. ©Flavie Duro Franco

L’aquaponie, système agricole en expansion ces dernières années, aujourd’hui implanté en Occitanie. Ce dernier est adapté pour réduire l’empreinte écologique de l’agriculture et s’impose comme une solution prometteuse pour l’agriculture de demain. 

Associant l’aquaculture, l’élevage de poissons, à l’hydroponie, la culture des plantes hors-sol, l’aquaponie se révèle être un système agricole innovant. En circuit fermé, les déchets émis par les poissons servent alors de nutriment pour les plantes. Ces dernières purifient l’eau pour les poissons. Tout ce processus diminue fortement le besoin d’engrais chimiques, « il faut réussir à trouver le parfait équilibre entre le bien-être des poissons et celui des plantes » explique Margaux, une des responsable de la ferme agroécologique, Le Poisson Maraîcher.  


Le cycle de l’aquaponie.

L’essor en Occitanie depuis 2020 

L’Occitanie étant une région très souvent limitée en eau, elle est alors propice pour le développement de l’aquaponie. Depuis 2020, plusieurs acteurs tels que la ferme agroécologique et autres fermes aquaponiques voient le jour souvent à petites échelles. Elles répondent ainsi à un besoin grandissant de production locale et durable. “Nous aidons à notre échelle, en vendant ainsi les poissons que l’on élève, les fruits et légumes que l’on produit. Sur le site même du Poisson Maraîcher, mais également au village le plus proche lors des marchés” clarifie Margaux. 

Plusieurs initiatives sont devenues de véritables pionnières de la région et se démarquent dans l’intégration de cette méthode à l’échelle régionale. 

Les avantages environnementaux et économiques

L’avantage de l’aquaponie, est que la production peut se réaliser dans n’importe quelle condition, même dans un endroit où il y a peu d’eau. Le système est un circuit fermé où la consommation d’eau est minimisée. Cette agriculture utilise jusqu’à 90 % moins d’eau de l’agriculture conventionnelle grâce à ce système. Le besoin peut être compensé, mais il se fait rare : « On estime à 10 % le taux d’ouverture dans nos systèmes. Comme c’est de l’eau absorbée soit par les plantes, soit par les déjections des poissons », explique Félix Haget, expert en aquaponie, au sein de Bioponi, cabinet d’ingénierie et organisme de formation. La consommation est aussi équilibrée par un système de pompes à air. 

Néanmoins, la consommation en énergie reste plus importante que celle pour un éleveur classique. L’eau doit être en mouvement, pour assurer un débit important. Pour compenser, la production d’énergie peut se faire par des panneaux solaires : “Nous avons des élevages couverts, où le toit est constitué de panneaux solaires. On peut asseoir aux alentours de 30 à 40 % d’énergie”, ajoute-t-il. 

Les déchets produits par les poissons, qui sont habituellement non utilisés par la suite, sont ici valorisés dans ce système fermé. Les engrais sont évités au maximum, au profit d’une agriculture plus responsable. ”On estime à 70 % le taux de déjections des poissons et à environ 30 % de solide”, explique Margaux. Les supports pour les bactéries, présents dans les grandes cuves d’eau, transforment les déchets des poissons directement en engrais, qui arrivent aux plantes. “L’ambition est de copier ce que l’on a dans la nature. On a aussi des vers de terre et des grenouilles”, finit l’éleveuse. 

Projets en cours et innovations pour le futur


Les avantages de l’aquaponie.

Dans cette ferme à Pinsaguel, Margaux et ses deux associés ont monté leur propre structure avec un budget limité. L’installation de l’aquaponie ne demande aucun terrain en particulier, mais beaucoup d’investissements matériels, pour rendre tous les apports en eau et en énergie au circuit fermé. C’est pour cela que Margaux, ingénieur hydraulique, de première formation, n’est pas inconnue du milieu. Elle a apporté toutes ses connaissances pour monter le projet. Au milieu des ‘chapelles’, qui regroupent les différents plans d’eau avec les plantes, différentes techniques peuvent être observées. “En fonction du mouvement et de comment on veut faire tenir la plante, on peut utiliser des cailloux, comme on le fait ici”, explique-t-elle. 

À petite échelle comme à grande échelle, les exploitations font parfois appel à des centres de recherches pour recycler les nutriments ou encore apprendre à gérer l’eau. C’est le cas pour Bioponi, qui est un centre de formation depuis 2018, qui accompagne les porteurs de projets. Félix Haget, associé fondateur, dirige la société Eauzons !, mais également HydrOccitanie, qui est spécialisée dans la construction et dans l’approvisionnement des équipements nécessaires à la construction d’une exploitation. Bioponi travaille étroitement avec HydrOccitanie pour accompagner les projets d’éleveurs. 

À l’avenir, l’enjeu repose sur l’énergie, qui doit être maîtrisée avec une auto consommation.