Les Zones à Faibles Emissions (ZFE) pourraient bien disparaître définitivement à partir de février. Pourtant, d’après un rapport récent d’Atmo Occitanie, elles auraient un véritable impact positif sur la qualité de l’air.
C’est officiel, ce 21 janvier 2026, les parlementaires français ont trouvé un accord en commission mixte paritaire pour supprimer les ZFE (Zones à Faibles Emissions). L’objectif de ces ZFE est simple : supprimer les véhicules anciens et polluants de certains secteurs. Le texte, en gestation depuis presque deux ans, a été voté par une coalition regroupant des parlementaires de la majorité, de la droite et du Rassemblement national.
Mais d’après une récente étude de l’association Atmo Occitanie, cette mesure a permis de faire reculer le nombre de véhicules les plus polluants entre 2018 et 2023, produisant des effets positifs mesurables sur la qualité de l’air.
Un renouvellement important du parc roulant
Entre 2018 et 2023, la part des véhicules classés Crit’Air 3 et plus est passée de 40 % à 19 %, soit une baisse de 21 points. À l’inverse, les véhicules Crit’Air vert, 1 et 2 représentent désormais 81 % du parc, contre 60 % cinq ans plus tôt. Ce renouvellement concerne tous les types de véhicules : voitures particulières, utilitaires légers et poids lourds.
Évolution du parc automobile selon la classification Crit’Air
Comparaison entre 2018 et 2023 (en % du parc total)
L’étude note une autre évolution notable : la diversification des motorisations. Le diesel recule (-13 points), tandis que les véhicules hybrides et électriques progressent fortement (même si ils restent minoritaires).
Des effets nets sur la pollution de l’air
Cette modernisation du parc a un impact direct sur les polluants les plus nocifs pour la santé. Les émissions d’oxydes d’azote (NOx) ont réduit de 30,6 % entre 2018 et 2023. Les particules fines PM2,5 ont quant à elles diminuées de 20,9 %.
Des effets nets sur la pollution de l’air
Évolution des principaux polluants entre 2018 et 2023
Ces polluants sont ceux qui contribuent le plus aux maladies respiratoires et cardiovasculaires. Pour Atmo Occitanie, le renouvellement du parc constitue donc un levier efficace pour améliorer la qualité de l’air en ville.
En revanche, les émissions de gaz à effet de serre restent stables. La raison est simple : les distance parcourues en voiture n’ont pas diminué. De plus, une grande partie des particules émises aujourd’hui ne provient plus de l’échappement, mais de l’usure des pneus, des freins et de la chaussée.
Pour l’heure, rien n’est définitif
Mais alors pourquoi interdire les ZFE ? Pour les opposants à ce projet, ces zones seraient socialement injustes, pénalisant les ménages modestes qui n’ont pas les moyens de renouveler leur véhicule. Cette critique a été largement mise en avant dans les débats parlementaires qui ont conduit à l’accord pour supprimer les ZFE.
Adopter ce texte marquerait un véritable recul sur la pollution locale alors même que certaines métropoles et ce rapport constatent des effets positifs.
Cependant, le projet de loi doit toujours être validé par deux ultimes scrutins prévu à l’Assemblé Nationale le 27 janvier et au Sénat le 29 janvier. Pour l’heure donc, rien n’est définitif. Si la suppression est définitivement adoptée, le cadre national des ZFE disparaîtra, mais rien n’empêcherait les collectivités locales de maintenir ou de créer leurs propres zones sur la base de réglementations d’urbanisme ou environnementales.


